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L'été de notre belle contrée devenant trop chaud pour le fiston il est temps de l'emmener par delà monts et vaux, lui faire prendre le frais en terre nordique. Au départ pas très chaud par l'expérience mais après de longues semaines durant lesquelles j'ai employé la menace et le chantage, il a fini par accepter le challenge. J'ai également été contraint de lui promettre tout un tas de trucs, promesses que je ne tiendrai pas bien sûr. La fin justifie les moyens. Je passe d'ailleurs mon temps à lui promettre plein de choses diverses et variées, c'est ce qui fait de moi un si bon père. Si les membres de toutes les associations aux droits de l'enfant ont des réclamations plus ou moins bruyantes à formuler, prière d'utiliser le formulaire " pour me joindre " qui se trouve quelque part dans ces pages. Ou pas.
Plutôt fier de moi donc, nous voilà, la French Team, dans l'aérogare de Roissy. L'excitation est à son comble, même chez Jouge junior qui fait des petits bonds. Il a maintenant hâte d'aller arpenter les pistes du Laugavegur en terre Viking. Le succès de la mission est loin d'être assuré car on aura tout un tas de rivières à traverser les pieds dans l'eau, et sur les hauteurs on devra affronter les affres de la météo. Pour les traversées de rivières la taille ( faible ) du Jouge junior risque de poser quelques sérieux problèmes, je devrai faire gaffe car il est sous ma responsabilité car je suis théoriquement le seul adulte du groupe. Théoriquement.
Le vol se passe sans encombre... ou presque... Alors qu'on survole l'Ecosse Jouge junior s'endort ( pas longtemps j'vous rassure ), le voilà qui se réveille en sursaut, pousse une braillée dans un demi sommeil, me bave sur l'épaule, puis se rendort aussi sec. Va falloir que je pense à modifier son régime alimentaire... Moins de viande rouge peut-être...
Les charmantes hôtesses nous offrent un jus d'orange ( 1/2 verre ) ainsi qu'une madeleine ( petite )... Escrocs !
Finalement après 3 heures et quart de vol on atterrit sur un champs de lave. Klaxons, cornes de brume et trompettes ! Le rêve commence. Le rêve ou l'enfer, car passer 10 jours à dormir avec Jouge junior... quelques bagarres ne sont pas à exclure, d'autant que la tente sensée nous servir de toit est d'une étroitesse jamais vue. On n'a beau ne pas être gros...
Dans le Flybus qui nous transfère de l'aéroport à Reykjavik, le fiston ( après avoir appris qu'un blog relatant nos aventures serait édité ) me suggère de faire l'impasse sur certaines de nos clowneries ou au pire d'apposer un Nota Bene dès le début du récit style " je mets le boxif -surtout la nuit- " puis plus rien ensuite. Ma réponse est NON ! Toutes les facéties seront ici relatées dans les moindres détails. Toutes.
C'est le coeur léger et l'humeur joyeuse que nous arrivons au Central des bus BSI. Mais très vite la bonne humeur s'écroule à cause d'un léger incident diplomatique. Même le Jouge junior saute un peu moins haut.
Permettez-moi d'amener mon grain de sel : le comptoir de la réception est tellement haut que le fiston a besoin d'un périscope pour dialoguer avec la réceptionniste. Je n'ai pas l'habitude d'intervenir dans les affaires diplomatiques de la French Team mais là je dis halte à la discrimination par la taille ! C'est pas la taille qui compte ! Profondemment véxé, le Jouge junior ira s'assoir sur un fauteuil du hall pendant que je parlementerai avec l'autochtone. Les billets achetés, on fait un squattage massif des fauteuils, et nous échangeons bruyemment comme à l'accoutumée quelques propos vénimeux, du chambrage en bonne et dûe forme. Le Jouge junior me harcèle pour que je lui refile deux ou trois gâteaux secs, je le charrie un peu sur sa taille modeste, il montre les crocs, le ton monte, puis une bagarre finit par éclater entre le père et le fils. Il est costaud le moufflet ! Selon certaines sources l'appellation d'origine contrôlée " espèce de schtroumph " aurait été prononcée à l'encontre de Jouge junior. Il a pris des cours de boxe en cachette ou quoi ! L'air excédé, quelques personnes qui patientent comme nous finissent par changer de travée de fauteuil. On doit être insupportable...
Hitoire de signer l'armistice je sors quelques couronnes islandaises et vais acheter sur mon budget personnel ( détail... ) du Skyr en grande quantité à la cafétéria de la grande salle d'attente.
Allé, viens fiston je t'emmène au-delà du temps, serre les dents ça va secouer !
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Publié à 08:08, le 21/12/2010, Mots clefs : |
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La French Team :
Le Jouge junior :
- Sa réelle identité : Eric
- Egalement connu sous les noms suivants : le schtroumph, Le Jouge junior, fiston, Niarf fils de Saint Eloi, 3615 Pif le chien.
Si on le nomme Eric c'est que la situation est tendue.
- Signes particuliers : taille modeste, variant entre 1,35 m. et 1,358 selon que c'est lui qui raconte ou Jouge qui mesure. Tout début de discussion concernant sa taille déclenche à coup sûr une baston qui évolue la plupart du temps en bagarre générale, surtout dans les refuges bondés. Je garde le souvenir d'un bataille de polochons générale un soir de mars 2008... Mémorable !
Sinon vous découvrirez au cours de la lecture de notre saga que le Jouge junior est GOURMAND ! Et le mot est faible...
Jouge :
- Sa réelle identité : Jérôme ( personne n'est parfait )
- Egalement connu sous les noms suivants : mon petit chou à la crème ( seule sa maman ose encore l'appeler comme ça ), patron, démolition man, l'affreux.
Une question qui remonte souvent : d'où lui vient ce surnom " Jouge " à pioncer dehors ? De "Jérôme" seul le "J" a été gardé ( la foule a estimé que le reste ne valait pas son pesant de cacahuètes ), c'est devenu au départ Jouage, mais c'était encore trop gentil, ça a donc évolué en Jouyûre mais cela sonnait alors un peu trop "chimique", alors la HAPF ( la haute autorité des prénoms foireux ) a fini par statué en s'arrêtant sur Jouge. C'est beau, c'est clean, c'est tip top.
Notez également que "Jouge" est une marque déposée, un peu comme Coca Cola, Durex ou Jex Four, toute utilisation frauduleuse du nom pré-cité donnera lieu à des poursuites pénales, plus si affinité.
Il est le seul théoriquement adulte du groupe. Quoiqu'il ignore complètement la définition du terme "adulte".
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Publié à 08:08, le 20/12/2010, Mots clefs : |
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Après une attente interminable notre bus pour Thorsmork arrive à 16h00. On se hâte de charger nos sacs dans les soutes et prenons place derrière le chauffeur. Un chauffeur étrange encore une fois : le cheveu long et gras, un uniforme à la coupe approximative fourni par la compagnie et une paire de chaussures d'une tristesse incroyable. Un deuxième chauffeur vient s'assoir à l'avant, se déchausse ( merci pour nous ) puis nous partons dans un bus plein aux trois quarts.
On se tape de l'asphalte pendant quelques temps puis arrive la piste qui entre dans les terres. Nous franchissons quelques gués faciles, les moutons regroupés par trois ( la mère et ses deux petits ) déguerpissent à notre passage, des sternes arctiques s'envolent par grappes, on approche de mon domaine de vieux loup solitaire ( style j'ai fait la guerre et j'ai des poils ). Du Rimel sous les yeux ? Non non c'est la crasse.
On s'enfonce encore dans les terres, les virages s'empilent. On entre sur des territoires où la population devient abyssale pour ne pas dire inexistante.
On a peu à peu l'impression qu'un saut dans le temps nous a ramené quelques générations en arrière.
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Publié à 14:08, le 19/12/2010, Mots clefs : |
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Durant les trois heures que dure le transfert en car le fiston s'endort par intermitences, ce qui lui fait rater une belle averse de pluie glacée comme j'en ai rarement vu. Pas d'éclair pourtant mais tout est devenu noir. Puis re-ciel bleu, re-nuages... Enfin bref ici la météo c'est pas magique. Espérons que durant le trek on n'aura pas à subir la colère des dieux... On est bien équipé mais quand même !
Pour Jouge junior j'ai pas lésiné je lui ai pris le top. Sans The North Face, on ne serait lui et moi qu'un duo de pécores qui patauge dans la bouse. Le seul point faible de notre équipement se sont nos grolles, elles risquent de prendre la flotte trop facilement. L'idéal eut été de les imperméabiliser à l'huile de porc ou à la graisse à traire mais ça aurait fait des frais supplémentaires. Et en grand radin que je suis...
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Publié à 11:08, le 17/12/2010, Mots clefs : |
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Puis après 3 heures de route on arrive sur une rivière au débit furieux. Le co-pilote du car met en marche un compresseur sous son siège qui fait un boucan de tous les diables à l'intérieur du bus, réveillant ceux qui s'étaient assoupis. Ca envoie de l'air dans le moteur pour éviter que l'eau ne s'y engouffre ( le car n'est pas équipé de Snorkel ). Le co-pilote se retourne vers nous et tend un sachet de bonbons à Jouge junior qui affiche soudain un grand sourire. Puis il nous montre la rivière qu'on s'apprête à traverser et nous dit sans sourire d'un ton austère : " Krossà ! " ( c'est le nom de la rivière ). Puis il ajoute dans un anglais à l'accent pas terrible : " Sometimes one meter and a half deep ". Le compresseur ronronne fort, et alors que le chauffeur s'engage dans la traversée en engageant la première lente, le moteur du bus crie, arrivé au plus profond au milieu du lit de la rivière il crache ses tripes, on est ballotés de gauche à droite, le bus se dandine beaucoup au milieu du gué alors que l'eau a envahi les soutes à bagages, puis on ressort sur l'autre rive. Vivants. J'avais prévu le coup en emballant mon sac à dos dans un grand sac poubelle, mais certains auront leurs affaires trempées, malgré la garde au sol élevée de notre bus 4 X 4. Jusqu'alors le Jouge junior crânait sur les gués " tout rikiki " qu'on franchissait, mais là il faisait moins le fanfaron et est ressorti impressionné de l'expérience. Fasciné aussi.
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Publié à 08:08, le 15/12/2010, Mots clefs : |
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Après avoir chargé en route une famille qui a préféré garer son 4 X 4 juste avant le dernier gué, on arrive à Thorsmork à 19h15 crevés car on est levé depuis quatre heures du matin et on puise dans ce qui nous reste de force pour aller planter la tente derrière le refuge. Une fois cela fait on entre au refuge payer l'emplacement de la tente, et là on constate qu'ils proposent un repas pour 2500 couronnes sur lequel on craque. En plus la patronne ( longue crinière blonde style viking, silhouette massive et démarche genre la guerre du feu ) sort de la cuisine avec une grande cuillère en bois à la main et nous crie bien fort que c'est gratuit pour le Jouge junior. Génial, au menu de l'agneau d'Islande avec des petits légumes, on se gave, on est affâmé parce que dans l'avion on ne nous a pas servi grand chose.
Je décroche une guitare acoustique du mur et improvise des petits morceaux de rock en sourdine entre deux bouchées pendant que le Jouge junior continue de remplir la panse. Quel gourmand !
Puis soudain, alors que j'attaque un blues lent, un jeune suisse nous accoste et me demande : " Excusez-moi, c'est pas vous qui avez fait un site sur l'Islande ? ". Je m'attendais à tout sauf ça : un fan ! Ca y est c'est mon quart d'heure de célébrité, le fameux " 15 minutes of fame " promis à tout le monde par Andy Warhol dans les sixties. Je lui confirme que c'est bien moi, flatté mais vraiment surpris. Je lui promets qu'il y aura une suite !
Un dernier passage au lavabos puis on part se pieuter. Raide.
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Publié à 18:08, le 13/12/2010, Mots clefs : |
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Le lendemain matin le Jouge junior s'éveille tendrement avec beuglée primaire et raclement de gorge : Rrrrâââââhhhh ! Normalement c'est le code pour signaler une crevaison accidentelle de notre matelas Thermarest en pleine nuit. Il réclame que je l'accompagne aux toilettes, je jette un oeil à ma montre il est cinq heures, le soleil est déjà levé et nous envoie quelques rayons de derrière les arbustes. Ceci fait on retourne à la tente, on somnole, puis vers six heures et demi on se lève. On déjeune rageusement, Jouge junior m'aide à démonter la tente, on boucle les sacs et on se lance au triple galop à la vitesse de la galinette cendrée arctique ( comprendre : le Jouge junior fait trois pas, moi un ).
Je ne sais pas trop comment lui annoncer que d'ici un ou deux kilomètres nous attend un sacré challenge : plusieurs bras de rivière glacière à traverser les pieds dans l'eau. Eau qui doit plafonner à trois degrés.
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Publié à 17:08, le 13/12/2010, Mots clefs : |
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On entre dans la forêt de Thor ce qui nous permet de marcher un peu à l'ombre car avec le soleil qui tape et nos sacs chargés on transpire un peu. Certains passages sont assez escarpés et on marche sur une trace où seul un homme peut passer avec un précipice de quelques dizaines de mètres sur notre droite. Le petit me dit qu'il a le vertige ( c'est nouveau ça ! ) je ralentis donc, l'attends et lui conseille de marcher doucement sans regarder en contre bas, on n'est pas pressé on a le temps. Une fois ce passage passé il retrouve son air guilleret et progresse bien. Un peu plus tard je lui annonce l'approche d'un gué et là il saute un peu moins haut, il devient blême et me questionne à répétition sur la profondeur, la force du courant, s'il va devoir se mettre entièrement à poil... Je le rassure comme je peux et conclue en lui disant que ça va bien se passer, que je suis là. Le temps est magnifique, on multiplie les pauses photos avec des vues de malade sur les allentours, en particulier sur le fameux volcan Eyjafjallajökull qui voici quelques semaines à bloqué l'espace aérien de toute l'Europe avec ses cendres. On s'arrête faire une courte halte près d'un cairn de moins de 1,35 mètre ( message subliminal n° 1 : le Jouge junior est petit ).
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Publié à 08:08, le 12/12/2010, Mots clefs : |
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Peu à peu la forêt s'éclaircit, on gravit une dernière butte du haut de laquelle on a une vue plongeante sur la fameuse rivière. Un oiseau nous vole autour en rôtant ( son cri est super bizarre ! ). Ca s'annonce moyen : la rivière s'est séparée en plusieurs bras, on va devoir en franchir deux au minimum. On choisit de remonter un peu en amont sur cinquante mètres pour atteindre l'endroi qui me paraît le plus favorable pour la traversée. Je sors le bâton de randonnée qui va nous servir à avoir un appuis supplémentaire non négligeable, on se dessape, on lace nos chaussures autour du cou ( je prends celles de Jouge junior pour l'alléger au maximum ). J'ai remonté mon pantalon au maximum, le Jouge junior se retrouve quant à lui en slibart sur une plage de galets et de cendre noire. Malgré le soleil il ne fait pas chaud. Je me tiens au bâton, mais c'est assez périlleux car quand je le plante le courant fort le chasse tout de suite en aval. Pas évident. On traverse le premier bras de rivière, l'eau est glaciale, le Jouge junior se tord de douleur, j'ai la plante des pieds qui brûle, les pieds se raidissent, les muscles se crispent, le corps tout entier proteste énergiquement. Le fiston n'est pas spécialement ravi de sa démonstration d'homme grenouille. On arrive sur un petit îlot de cendre recouvert de galets. En contraste avec l'eau la cendre nous paraît chaude, on récupère un peu. Mais pas trop il faut que j'empêche Jouge junior de trop réfléchir sinon il refusera de se lancer dans la traversée du second bras d'eau. Celui-ci est plus profond, l'eau me dépasse les genoux et du coup au milieu de la rivière la flotte lui arrive en haut des cuisses, il ressort avec le slip mouillé à cause des éclaboussures dûes au courant. Lors de cette deuxième traversée Jouge junior a failli tomber à la flotte ( détail... ).
C'est un grand pas pour le Jouge junior mais un petit pas pour l'humanité.
On attérrit sur un tapis d'herbe épaisse sur laquelle on s'essuie les pieds. On renfile nos chaussettes, sensation de chaleur intense.
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Publié à 16:08, le 10/12/2010, Mots clefs : |
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Entre les nuages apparaît le volcan Eyjafjallajökull. D'ordinaire tout blanc avec son immense glacier il est actuellement tout noir à cause de son éruption récente. D'ailleurs même sur notre sentier de randonnée de la cendre s'est déposée. C'est très étrange. Par endroits on distingue quelques séracs encore blancs. J'aurais bien aimé être ici en avril dernier, avec une aurore boréale au-dessus ça devait être superbe. Le Jouge junior n'est quant à lui pas plus impressionné que ça.
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Publié à 09:08, le 9/12/2010, Mots clefs : |
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On attaque une montée et on déboule sur un petit promontoire au sommet duquel on est acqueilli par un joli vent.
Le tracé continue à travers les lupins et la cendre. En arrière plan l'Eyjafjallajökull tout noir nous surveille toujours.
La cendre fraîche a recouvert une partie de la végétation rase. Quelques pousses jeunes ont réussi à percer cette nouvelle couche de cendre, certaines ont même fleuri.
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Publié à 08:08, le 8/12/2010, Mots clefs : |
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Le Jouge junior se plaint, c'est dur : non pas que son sac à dos soit trop lourd mais il n'a pas l'habitude de marcher aussi longtemps, cette première étape fait 15 kilomètres. Son sac contient une bonne partie de la bouffe, pèse 5,5 kilos et certains affirment qu'il est mal ficelé.
Je tente d'enseigner au fiston quelques petits trucs pour pouvoir s'orienter quand on est seul et perdu :
- " Tu sais fiston, si tu es perdu dans la forêt et que tu restes immobile pendant deux ans, il va pousser de la mousse sur un côté de tes jambes. C'est le nord ! ".
Il ne semble pas très convaincu par mes explications...
On croise d'autres trekkers, en groupes la plupart du temps, qui sont assez impressionnés en apercevant Jouge junior. Ceux qui parlent français le questionnent, lui demandent son âge... D'autres l'agressent en anglais. Mais en anglais il ne connaît que quelques trucs rudimentaires comme les couleurs, les jours de la semaine... Alors il me demande " qu'est-ce qu'il dit ? ".
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Publié à 17:08, le 7/12/2010, Mots clefs : |
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Vers midi on stoppe car nos estomacs crient famine ( surtout celui du fiston ). Quelques randonneurs arrivant en sens inverse nous saluent.
Le soleil cogne.
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Publié à 10:08, le 6/12/2010, Mots clefs : |
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Il n'a pas l'air comme ça mais Jouge junior est vachement courageux, il est toujours prêt à relever les défits que je lui lance. D'ailleurs tous les deux on est des fervents amateurs du " t'es pas cap ". Le " t'es pas cap " nous a d'ailleurs déjà valu quelques déconvenues du style : camper sur un rond point, traverser le camping de Reykjavik jusqu'aux WC en slip ( de nuit certes, mais en slip ! ), tenter de sauter par dessus un bras de rivière pour éviter de se déchausser et finir dans la flotte jusqu'à la taille,... et j'en passe....
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Publié à 17:08, le 5/12/2010, Mots clefs : |
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Après une petite pause de dix minutes on repart en direction de Botnar. Il fait beau, maintenant le soleil est haut dans le ciel et tape fort. Après l'épreuve de la rivière à franchir ce matin, j'annonce au fiston la venue d'une deuxième épreuve : le franchissement d'un torrent via un pont made in Iceland. Ce sera vertigineux, c'est un passage faisable les doigts dans le nez d'ordinaire mais j'ai découvert lors du franchissement de petites ravines... qu'il a le vertige ! Donc voilà...
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Publié à 17:08, le 4/12/2010, Mots clefs : |
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On se pose un peu histoire de prendre notre déjeuner. On a faim et quand le Jouge junior a faim il râle. On s'installe près d'un petit ruisseau dont on boira l'eau trouble en serrant les fesses. On attaque nos premiers lyophilisés. Alors que je verse de l'eau bouillante dans son sachet de pâtes le Jouge junior me fait remarquer amusé que des bulles remontent du fond en faisant splotch splotch, et qu'il y a des trucs qui flottent ( de la viandes ? ). Et ce qu'on avait pris pour des oignons s'avère en fait être un truc infâme dans le domaine de l'immonde. Avec un goût fumé en plus. Les lyos sont en fait composés essentiellement de graisse et d'eau tiède, rien de folichon donc, pas de quoi en faire un séisme.
Quelques randonneurs qui passent nous souhaitent un bon appétit.
On mange notre repas lyophilisé : pâtes végétariennes. Le petit est ravi il adore. Personnellement je ne suis pas aux anges, ça a un goût entre l'asperge pourrie et l'eau de javel avec du sirop de fraise. Au gré de toutes mes randos j'en ai trop avalé de ces sachets, j'ai du coup beaucoup de mal à déglutir. Peut-être que l'eau du ruisseau n'est pas potable et va nous filer une gastro du tonnerre ! Le Jouge junior fait monter la pression :
- " Peut-être que demain en te réveillant tu seras mort ! "
... moment de solitude...
Après un repas techniquement difficile donc, on remballe tout notre bardat, les sacs se ferment difficilement, puis on repart.
Sur la photo en haut à gauche Jouge apparaît de profil, ce qui permet d'apprécier le volume de son sac à dos. Les termes " dromadaires " et " chameau " auraient été évoqués.
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Publié à 10:08, le 3/12/2010, Mots clefs : |
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On arrive au fameux pont. Le fiston avance prudemment en se tenant aux chaînes ancrées aux paroies.
Il s'agit de jouer serré, pas faire les cons, je ne cesse de lui répéter d'avancer très doucement, de faire attention de ne pas rouler sur une pierre.
Une fois le pont franchi la montée de l'autre côté est abrupt, presque à pic, si bien qu'on doit se tenir à une corde rivée à un rocher pour monter, c'est presque de l'escalade.
Jouge junior n'ayant aucune force dans les bras je dois le pousser aux fesses pour l'aider à monter. La situation est cocasse.
On se tape tout de suite après la montée d'une dune de cendre au sommet de laquelle se balade un autochtone en collants verts fluorescents en compagnie de sa femme. Quel étrange animal... Approchons nous pour voir...
Après moult moulinages dans la cendre on arrive en nage au sommet et la conversation s'engage... Ils nous confirme tout de suite la direction du refuge et nous précisent qu'il nous reste un quart d'heure de marche.
En l'approchant d'aussi près, Jouge junior se gausse, il arborre un sourire en coin dont malgré mes froncements de sourcils il n'arrive à se défaire.
Puis, peut-être pour justifier sa tenue d'extra-terrestre donc, le mec me branche sur le marthon du Laugavegur, me disant qu'il aura lieu le week-end prochain. Sa compagne rentre sa tête dans les épaules et s'enfonce dans son blouson pour se protéger du vent qui, ici perché, nous transperce comme une épée. On apprend que le record est de quatre heures et vingt minutes pour parcourir ses 53 kilomètres. Son record à lui est de sept heures et quelques. On se salue et reprenons notre chemin.
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Publié à 08:08, le 3/12/2010, Mots clefs : |
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Le Jouge junior est raide, je le traîne... Je suis obligé de l'encourager régulièrement, lui proposant même de porter son sac, ce qu'il refuse bien que j'insiste :
- " Non t'es déjà assez chargé comme ça ", me dit-il.
Finalement il change de braquet, il marche deux fois plus vite quand je lui montre les toits colorés du refuge surgir au loin à flan de dune de cendre. Ca groove ! Ah allégresse quand tu nous tiens, tu t'agrippes à nous comme la cellulite aux fesses molles d'une consommatrice compulsive de morue aux fraises.
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Publié à 17:08, le 2/12/2010, Mots clefs : |
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En arrivant, le fiston se rend aux toilettes dans une cabane proche, alors que j'alpague la patronne pour payer l'emplacement : 1000 couronnes pour moi et " half price " pour le petiot.
Les toilettes sont vraiment dans les courants d'air ici et les sorties-toilettes nocturnes sont terribles.
On plante aussitôt notre tente Betsy sur un emplacement près du refuge, sans vacherie, à la régulière. Betsy est la seule tente pour l'instant mais il n'est que quatorze heures trente, ce soir elle aura des copines.
Telles de vulgaires saucisses on est mort.
La fatigue nous rend plus sensible au froid, aussi je me dépêche de préparer un chocolat au lait bien chaud pendant que le Jouge junior patiente dans la chambre d'amis. Il fait onze degrés.
Pour le petit ce sera double ration de chocolat en poudre dans sa gamelle. Il trouve , je cite, que " je n'y vais pas avec le dos de la main morte ".
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Publié à 18:08, le 1/12/2010, Mots clefs : |
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Dans la soirée on se fait une petite balade vers les falaises et on fait quelques photos, pas trop près du bord car le fiston a peur de tomber au fond. Ca commence à lui faire beaucoup de défauts : il a le vertige, il est gourmand, il ne mesure que 1,35 mètre et il est bon en maths ! Bon c'est pas grave fiston, je te garde quand même... De toute façon maintenant la garantie est foutue alors...
Ensuite on rentre à la tente pour manger du boeuf à la purée de pois verts. Le carnivore du groupe est spécialement ému !
Et en guise de digestif on se fait un petit jeu histoire de nous aider à trouver le sommeil : le jeu du gravillon paillé, vous connaissez pas ?
C'est un jeu qui est hyper facile...
C'est un jeu camerounais très ancien qui date de 1998. Ca se joue à 41 joueurs, avec des gravillons et des brins de paille. On n'est que deux mais on va faire avec...
Le premier joueur annonce une mise de départ, par exemple "une lance de 12" ou "une lance de 24". On a aussi la lance quintuplée qui équivaut à une annonce de 60 mais que dans les parties où on avance de 12 en 12, sauf pour les demis coups, mais on va pas compliquer pour une première approche.
A ce niveau du jeu l'autre a deux possibilités : soit il se couche, soit il augmente la relance de 6 au moins.
Mais si l'autre ne se couche pas et qu'il a plus de gravillon que la banque, il peut tenter le gravillon paillé. Les autres joueurs ont alors 19 possibilités : soit ils lancent une annonce quintuplé majorée de 8, ce qui donne 68 de mise de départ, ils ont alors chacun 51 % de chance d'emporter la mise, on dit "qu'ils font la raffle". Soit ils recommencent le tour avec des mises de 13 en 13. Soit ils se lèvent en imitant le cri de 17 animaux à plumes originaires de la région dans laquelle se déroule la partie.
Les brins de paille servent à couvrir les gravillons de la banque quand l'adversaire passe son tour. Et quand tous les gravillons de la banque sont recouverts le gagnant crie : " paillé ! " et c'est gagné. C'est un peu simple comme jeu mais c'est assez sympa... enfin sauf quand ça finit en bagarre générale.
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Publié à 08:08, le 1/12/2010, Mots clefs : |
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Le soir arrivant, le ciel se couvre de nuages lourds, pourvu qu'on ne se tape pas la flotte.
On s'est arrangé pour avoir une vue sympathique depuis la porte de la tente : orientation plein sud. Nos voisins canadiens cuisinent au lance flammes avec un réchaud à essence. Quelle bande de malades ! Ils sont à deux doigts de mettre le feu à leur tente. Les réchauds à essence demandent une certaine initiation pour être manipulés correctement, il y a un pré-chauffage à effectuer, c'est tout un basar, et leur utilisation n'est pas justifiée pour l'Islande en été. Le Jouge junior les observe avec attention, prêt à bondir pour dévaliser leur réserve de nourriture avant qu'elle n'ait été la proie des flammes.
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Publié à 08:08, le 1/12/2010, Mots clefs : |
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Jouge junior lézarde un peu sur des vaguelettes de cendre avant de retourner à la tente. Le soir approchant les ombres s'allongent, je regarde ma montre ( merci à Dieu d'avoir inventé le quartz ) il est l'heure de rentrer dîner.
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Publié à 08:08, le 28/11/2010, Mots clefs : |
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19h00. Le camping est bondé, des hordes de randonneurs de toutes nationalités se sont pointés. Juste à côté de nous des canadiens ont planté leur longue tente Hilleberg rouge en forme de grosse saucisse et nous barre le passage qui mène aux lavabos. On râle un peu mais on est tellement naze qu'on ne cherche pas plus et on se pieute. Je découvre que j'ai une cloque sous le gros orteil gauche. Affreuse. Je la perce et mets un pansement sous le regard effrayé du fiston.
Avant de nous endormir le Jouge junior me charie un moment sur les fans que j'ai ici, eu égard au suisse qui m'avait abordé au refuge précédent.
Ce soir-là Jouge junior est musicalement inspiré par l'omelette-jambon lyophilisée. Je ne développerai pas.
Dans son sommeil il se fait fort bavard ! Il grogne une sorte de Argggrhhhirrr, qui devient Arghtttyiiiirr pour finir sur une sorte d'inquiétant Arruuhirrirrr. Il doit rêver d'une copine d'école ou d'un truc romantique parce qu'il sourit. Bon je finis par me rendormir avec une de ces forces !
En pleine nuit il me réveille pour une séance pipi. En revenant tout tremblant de froid, il se prend les pieds dans un des tendeurs de la tente ( Spoiiiing ! ) et pousse un juron que la descence m'interdit de citer ici. Les canadiens et leur Hilleberg à ras la notre nous barrent bien le passage vers la salle du trône, c'est pas loyal ! Enfin c'est pas bien méchant mais ça donne envie de mordre.
Tout au fond sur la crète on distingue un islandais qui nous suit depuis le départ de Thorsmork.
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Publié à 16:08, le 27/11/2010, Mots clefs : |
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A l'aube le soleil nous envoie ses rayons sur la tente, ce qui fait monter sensiblement la température à l'intérieur de la tente. Le Jouge junior dort à moitié sorti du sac de couchage, un filet de bave dégoulinant sur sa polaire qui lui sert d'oreiller.
Au sortir de la tente ça se confirme : il fait super beau !
On plie la tente, on déjeune rapidos d'un lyophilisé de muesli dont l'odeur avant réhydratation fait faire la grimace au fiston.
En passant une dernière fois aux lavabos je constate que le thermomètre cloué au mur affiche un ridicule six degrés.
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Publié à 08:08, le 27/11/2010, Mots clefs : |
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On attaque la montée de la dune de cendre qui domine le refuge. On est les premiers à partir, on est parti tôt car comme hier l'étape d'aujourd'hui est longue, c'est même la plus longue du trek elle fait 16 kilomètres. Derrière nous le soleil éclabousse les neiges éternelles du glacier Entujokull.
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Publié à 08:08, le 26/11/2010, Mots clefs : |
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Au sommet on déboule sur une immense plaine de cendre noire dominée à sa gauche par l'emblématique mont Hattafell dont les mousses vertes fluorescentes qui le tapissent contrastent avec le noir du sandur. De rares coussins de silène acaule se battent en duels perdus d'avance contre un vent continu.
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Publié à 08:08, le 25/11/2010, Mots clefs : |
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On est en légère descente, le vent nous arrive dans le dos on avance de bon pas avec les gore tex ouvertes. Après avoir passé le mont Hattafell on s'échoue sur un petit filet d'eau qu'on franchit un saut en s'aidant du bâton.
Tout autour c'est gigantesque et vide, Jouge junior se sent minuscule. En même temps il n'est pas bien grand alors l'effet est démultiplié pour lui.
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Publié à 18:08, le 23/11/2010, Mots clefs : |
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On continue au milieu des grands espaces, seuls, pas un bruit, juste une petite brise rafraîchissante. Je dois sans cesse relancer le fiston pour qu'il boive, si je l'écoutais il marcherait toute la journée sans boire une seule goutte d'eau.
Et à ce sujet, selon certaines sources, le mot " chameau " aurait été prononcé.
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Publié à 08:08, le 23/11/2010, Mots clefs : |
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On est spécialement ému de passer enfin à côté du mont Hattafell qu'on a dans notre ligne de mire depuis hier matin. Hattafell signifie " la montagne au chapeau ".
Sinon on arrive à notre 42 ème heure sans douche. Ca gratte.
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Publié à 08:08, le 23/11/2010, Mots clefs : |
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Ca commence à nous tirer sur les cuisses et les sacs à dos semblent peser 2 tonnes. Une douce impression de faire du sur place plane dans l'air, surtout avec Jouge junior qui demande à multiplier les arrêts.
Je pense à ce soir quand une fois le camp monté on préparera la bouffe. Et je me sens blagueur today... Ce soir j'ai envie de glisser dans le lyophilisé du fiston un truc qui le ferait pisser bleu ( ou une autre couleur flashy ) ça serait marrant et permettrait à mes zygomatiques de faire leur quart d'heure de gym obligatoire.
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Publié à 08:08, le 21/11/2010, Mots clefs : |
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Non mais regardez moi ça comme il est petit. Jouge junior, il est tellement petit que la première fois je l'ai vu j'ai cru qu'il était loin. Au détour d'une dune de cendre un comité d'accueil nous attend : trois moutons broutent des plaques de mousse.
L'un d'eux louche et ressemble étrangement à Dalida. Une réincarnation ovine ?
Bon ça va je retire cette blague géopolitiquement incorrecte. Le fiston leur lâche un " Atchââââ ! " ( claquement de fouet stylisé ).
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Publié à 08:08, le 20/11/2010, Mots clefs : |
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Soudainement, après deux heures de marche, Jouge junior se met en grève, il refuse d'aller plus loin. Connaissant ses excès de gourmandise je tente une habile négociation : une barre de céréales " spécial pendant l'effort parfum mangue " contre la reprise de la marche. A la simple évocation du mot " barre de céréales " il craque et accepte le marché. Quel gourmand !
Puisqu'on est à l'arrêt j'en profite pour régler certains détails :
- " Dis-moi, pour le restant de la randonnée tu préfères que je t'appelle Jouge le jeunot ou bien Jouge l'ami des myrtilles ? Parce que ça fait plus fruité quand même... "
Il rit et me harcèle à nouveau de questions sur la distance nous séparant du prochain refuge, le temps restant à parcourir... Il cale un peu.
Comme il a eu 18 de moyenne en maths j'en profite aussi pour lui placer l'air de rien un petit problème de maths :
- " Fiston, on marche à 3,5 km/h de moyenne et le prochain refuge est à sept kilomètres. A quelle heure arriverons-nous si tu descends de ton caillou maintenant ? "
Il fronce les sourcils, boit un coup d'eau ( il descend la moitié de nos réserves de flotte ! ) pour finir par un :
- " Chais pô... "
18 en maths et pas capable de calculer le temps qui nous reste à crapahuter. Selon certaines sources l'expression " mathématicien des bacs à sable " aurait été prononcée.
Je lui file un dernier conseil avisé :
" En classe si la maîtresse te file un problème de ce style et que tu n'y arrives pas, triche ! Et refais-le jusqu'à ce que tu te fasses prendre. Puis mens. "
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Publié à 08:08, le 19/11/2010, Mots clefs : |
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Sur la piste on croise un type presque tout de cuir vétu, avec un brushing à la Borat. Hum... J'aime ! ... Moyen... Mouhais on aime moyen... Oui moyen moyen... Non en fait on n'aime pas du tout.
Bon on laisse cet énergumène poursuivre son chemin ( sérieusement vous trouvez ça sérieux de se déguiser en Pokémon pour faire de la rando ? ) et on continue notre route. Suite à une 15 000 ème pause sur demande du fiston, la bretelle de son sac à dos frotte trop fort contre un rocher de lave et se détend toute seule... Pour réparer la sangle on essaie tout ce qu'on peut : gros bout de ficelle, petit bout de ficelle, salive et regards méchants. Ca semble tenir on redémarre.
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Publié à 09:08, le 18/11/2010, Mots clefs : |
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Si un 4 X 4 pouvait passer on lui demanderait de nous prendre et de nous faire traverser le gué à venir. Le fiston n'a vraiment pas envie de traverser la rivère qui approche, aussi il insiste pour qu'on reste assis sur le bord de la piste et qu'on fasse du stop. Je lui fais comprendre que l'idée est bonne mais qu'on risque d'attendre longtemps, on n'est pas sur le bord du périph' ! On continue de marcher, mais hanté par ce gué qui approche il est régulièrement victime d'allucinations auditives : toutes les trois minutes il entend un bruit de moteur de bagnole.
Aucun 4 X 4 ne passera, sauf un camping car 4 X 4 énorme mais... en sens inverse. La conductrice nous lâchera un grand sourire extra large avec dents blanches accompagné d'un coucou de la main.
On croisera également un randonneur français chaussé de pompes d'alpinisme. On s'arrête et on discute un moment matos, il a la même tente que nous. On discute tente, Betsy est ravie car on dit du bien d'elle.
Jouge junior l'interroge sur la rivière qui arrive et le type nous conseille de traverser exactement là où passent les 4 X 4 car le fond y tapissé de cendre et non de cailloux qui font mal aux pieds.
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Publié à 09:08, le 17/11/2010, Mots clefs : |
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On arrive sur une rivière au débit furioso, heureusement qu'elle est parée d'un pont. Le Jouge junior me harcèle de questions sur la distance restante jusqu'au refuge d'Alftavatn. Je n'ose lui dire qu'on n'a même pas fait la moitié de l'étape, alors je réponds à ses questions par des pirouettes du style :
- " On est presque arrivé ? "
- " Non "
...
- "On est presque arrivé ? "
- " Non "
...
- " On est presque arrivé ? "
- " Oui "
- " C'est vrai ? "
- " Non "
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Publié à 13:08, le 15/11/2010, Mots clefs : |
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Aucun véhicule n'arrive et on finit par débouler au bord de la rivière dont la largeur fait un peu peur au Jouge junior, il fait une espèce de moue ( sa mère m'avait prévenu : " quand il a la tête rentrée dans les épaules comme ça c'est qu'il n'est pas content " ).
D'autres personnes sont en train de traverser un peu plus loin en amont. On enlève nos chaussures et on lace autour du cou, je prends encore une fois celles du fiston pour l'alléger au maximum. Cette rivière est certes la plus large qu'on ait à traverser ( une bonne vingtaine de mètres ) mais le fond est tapissée de cendre et non de cailloux, ça devrait donc être facilement jouable.
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Publié à 09:08, le 13/11/2010, Mots clefs : |
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Le Jouge junior, en slip, se cramponne à moi et moi... à lui. Il a du mal à se lancer, se souvenant encore de l'eau glaciale de la précédente rivière et des crampes qu'elle provoque sous la plante des pieds. Finalement on y va franchement, le fond plat nous permet d'avancer rapidement et donc de rester moins longtemps dans la flotte. Arrivés à la moitié du gué, le froid devient insuportable on crie tellement on a mal aux pieds. On ressort sur l'autre rive et on se dépêche de se sécher les pieds et de renfiller chaussettes et chaussures. On a traversé la rivière sous les caméras d'un groupe d'américains qui nous ont filmé. A mi-traversée le Jouge junior a légèrement dérapé et au même moment le courant a un peu emporté mon bâton, on a failli faire trempette.
Et voilà, là c'est sûr on va se retrouver sur YouTube !
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Publié à 09:08, le 12/11/2010, Mots clefs : |
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Pour redonner du courage au fiston je lui dit qu'on traversera la prochaine rivière sur un pont en véritable bois d'arbre. On arrive au fameux pont construit à l'aide de deux troncs d'arbres du haut duquel on aperçoit le refuge d'Hvangil.
Ici j'avais initialement prévu de bifurquer à droite et de nous enfoncer dans le désert du Maelifellsandur, et de passer la nuit quelque part en plein milieu. Mais devant la fatigue du fiston j'oublie cette idée.
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Publié à 09:08, le 11/11/2010, Mots clefs : |
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Toujours en quête de nourriture, du haut de son promontoire, le Jouge junior balaie les allentours du regard à la recherche du moindre animal succeptible de finir dans notre gamelle en titane. Wallou, on est seul.
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Publié à 09:08, le 10/11/2010, Mots clefs : |
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On arrive rapidement au refuge d'Hvangil sous un soleil de plomb. On s'installe dans le local ouvert des lavabos et on prépare nos péripéties pour déjeuner.
Alors qu'on avale nos lyophilisés le ciel se couvre et le vent forcit. En quelques minutes la pluie arrive, d'abord quelques grosses gouttes puis une pluie torrentielle.
Et Ô rage, Ô vilénie du destin, le brouillard se pointe...
Oh non la haine...
Avec un temps pareil notre tente risque de se transformer ce soir en un Guantanamo de fortune.
Au sommet d'une colline déboule une Gore-Tex d'un fushia furieusement tendance. Oh une femme ! En la croisant je lui lâche un " Hi ! " en lui faisant mon regard style western.
Mais avec ce temps pourri l'ambiance retombe un peu, panne sèche d'endomorphine, vivement ce soir qu'on se couche. Pour moi ça sera deux Prozacs et dodo.
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Publié à 18:08, le 9/11/2010, Mots clefs : |
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Ca va pas être facile de crapahuter sous la flotte avec le fiston d'autant que l'air s'est bien rafarîchi. On a enfilé les pantalons imperméables, les gants Gore Tex et les housses anti pluie des sacs à dos. On repart le ventre plein, un peu comme des automates, à ce moment on se demande un peu ce qu'on fout là. Qui a eu l'idée de venir en Islande ? Je veux un nom !
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Publié à 09:08, le 9/11/2010, Mots clefs : |
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On a déjà bien avancé depuis ce matin et le refuge n'est plus qu'à une heure et quart. On traverse les collines verdoyantes d'Alftavatn, là le tracé est un peu moins bien marqué, pas mal de piquets sont manquants ou tombés à terre à cause des moutons très certainement. Sur la piste, on est dépassé par un vieux break immonde à faire hurler de rire les inconditionnels de Tranban et de Lada, on tend le pouce mais il ne s'arrête pas, le mouflet râle, quant à moi j'ai envie de leur jeter des pierres.
J'ai des frissons de force 7 sur l'échelle de Richter. Vent, pluie, brouillard... Pas le moment de moisir ici. C'est bête mais c'est quand tout va mal qu'on se rend compte que tout allait bien avant.
Le Jouge junior du haut de ses 10 ans ose un gémissement :
- " J'espère que le prochain refuge se trouve pas à PéTA OU CHNOK au milieu de la cendre, on va bientôt plus avoir pied "
... "PéTA OU CHNOK "... phrase tirée de son dernier bouquin " Le Jouge junior s'exprime " aux éditions des citations foireuses.
Quand à moi j'avais le souvenir que le refuge était plus proche que ça, j'espère qu'on ne s'est pas perdu...
On doit trouver le refuge car sinon on risquerait d'être invité chez un autochtone du coin... Et vous savez pas ce qu'ils bouffent ? Ils ont une spécialité qui s'appelle " Hakàrl ", c'est une recette islandaise de requin faisandé, c'est horrible : il découpe la chair du requin en petit dés comme des apéricubes et le laissent pourrir pendant six mois enterré au fond de leur jardin.
Petite info au sujet du Hakàrl : ça a le goût âpre d'un vieux fromage trop fait, ça pique la langue quand on le mâche et ça a un arrière goût d'amoniac. Ce goût d'amoniac si caractéristique lui vient paraît-il du fait de l'urine du requin, car il ne l'évacue pas par un orifice mais il la sue. Quelle horreur, ça ferait vomir un bouc. Non vraiment on doit trouver le refuge !
La pluie persiste et devient franchement humide à force. Ambiance glaciale tout droit sorti du congélo.
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Publié à 07:08, le 9/11/2010, Mots clefs : |
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On arrive à la dernière rivière à traverser, elle doit faire entre cinq et dix mètres de large et une bonne vingtaine de centimètres de profondeur. Elle n'est pas bien méchante celle là on a vu pire tout à l'heure et hier matin. On est tellement trempé qu'on ne prend même pas le temps de se déchausser, on traverse avec les chaussures aux pieds. L'eau n'entre pas tout de suite dans les godasses, elle pénètre quand on atteint le milieu du gué un peu plus profond, elle passe par le dessus de la chaussure. Ils auraient pû mettre un pont, ça ressemble violemment au Mékong à la saison de la mousson, j'aurais dû prendre mon tuba.
Ah les joies des traversées de torrents glaciaires ! Le fiston laisse échapper des couinements super aigus ( il n'a pas encore mué ).
L'ambiance devient apocalyptique, genre Dien-Bienh-Phu en plus pessimiste et beaucoup plus obscur. La motivation retombe un peu comme un soufflet dont la cuisson aurait méchamment foiré. Mais comment par Neptune et ses roubignolles allons nous sortir de ce marécage !
Je m'arrête et le laisse partir devant pour faire des photos. Je le filme et le mitraille en restant 50 mètres derrière.
Au milieu de ces immensités, moulinant dans l'herbe il m'apparaît encore plus jeune, encore plus petit, plus fragile. Il semble assez fier d'ouvrir la marche, tête baissée pour améliorer son CX, les cheveux au vent avec les sangles du sac à dos virevoltant au gré des rafales.
Pour moi le délire commence, je suis à un poil de fesse d'avoir des hallucinations : Je rêve de café chaud, de randonneuses aux tétons flingueurs dans le prochain refuge, déchirant leur veste Gore Tex pour que je signe un autographe sur leurs obus détonnants ou sur leur super pétard de compèt'. Patience Jouge me dis-je, tout vient à poil à qui sait attendre... Il me tarde d'arriver quand même.
Le Jouge junior me ramène à la réalité, me harcelant de questions sur le temps et la distance restant. Je lui dis " après cette butte on verra le refuge en contre bas ". Et en effet tout de suite après une dernière colline apparaît le refuge dans la brume, le moufflet crie " yes ! ".
Y'a pas à tortiller un séjour en Islande ça vide la tête, ça fait tout oublier, ça remet les compteurs à zéro en quelque sorte, ça enlève toute la crasse qui s'accumule dans nos petites têtes de citadins bien domptés, ça rince ( c'est le cas de le dire ) !
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Publié à 10:08, le 8/11/2010, Mots clefs : |
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L'arrivée sous la pluie battante donne au camping de faux airs de 11 septembre. On est trempé à mort, aussi on décide de passer la nuit à l'intérieur du refuge afin de pouvoir mettre nos affaires à sécher près du poële.
Je castagne à la porte de la cahute du gardien à grands coups de poings : " bang ! bang ! bang ! " et j'ouvre la porte. Une tête blonde arrive et je lui demande " Is it posible to sleep inside ? ". Ils sont plusieurs dans le refuge mais le type qui est venu à notre rencontre à la porte semble être la personne la plus mollassonne du cheptel : il marche au ralenti, traîne des pieds, il pleut à fond mais il n'a pas l'air plus dans la murge que ça. Je le pousse un peu pour faire de la place et que Jouge junior puisse venir se mettre au sec un instant. Il tombe des seaux d'eau mais pour le gardien c'est normal, y'a rien d'inquiétant la dedans, c'est la routine pour lui.
Il me confirme qu'il y a de la place, je lui règle 4200 couronnes plus 2100 pour Jouge junior. Le gardien hyper zen face à la pluie ne semble pas bien comprendre pourquoi on ne campe pas vu qu'on a une tente.
On est les premiers dans le refuge, il faut dire qu'il n'est que quinze heures. Le gardien nous a accompagné en tongs et T-shirt à manches courtes pour nous allumer le poële.
L'avantage de partir tôt le matin permet d'augmenter les chance d'avoir une place dans le refuge, premier arrivé premier servi. Surtout au mois de juillet où ils croulent sous les réservations.
La copine du jeune gardien nous a expliqué tous les petits détails à connaître sur le refuge.
Plus tard arriveront un couple de canadiens, un américain hyper costaud poilu des avant bras ainsi qu'un couple d'espagnols restés plongés dans un mutisme affôlant ( la météo islandaise à dû leur foutre un coup comparé au soleil d'Andalousie ). Donc en fait on n'est pas nombreux et c'est tant mieux parce qu'on aura une couchette chacun ( En principe on doit être deux par couchette ).
Dans la soirée on va tenter d'aller se laver un peu dans l'unique douche du coin. Mal nous en a pris l'eau était aussi glaciale que l'eau des rivières qu'on a traversé jusque là, c'est si froid qu'on hurle sous l'eau qui coule, quelle horreur, sans compter que le vent s'est renforcé et augmente la sensation de froid.
Avant de s'engouffrer dans nos duvets on observe amusé les malheureux propiétaires de tentes bon marché qui s'initient au kite surf nocturne.
Le lendemain on se lève les premiers et on déjeune dans la pièce voisine en silence. On a été bercé par les ronfflements de l'amerloc toute la nuit. Il y a des fois je comprends Ben Laden...
Sitôt le petit déjeuner avalé et le sac bouclé on part en souhaitant un " good trip " à l'américain qui vient de se lever ( en espérant qu'il se noie dans le premier gué );
J'ai mal dormi cette nuit, trop de bruits dans les refuges : les ronflements des autres d'abord, et puis cette nuit-là le Jouge junior a eu l'estomac qui faisiat un peu trop de bulles, ça faisait splotch splotch, puis grziiii grziii... Donc voilà je suis mort.
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Publié à 13:08, le 7/11/2010, Mots clefs : |
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On arpente le fond d'une vallée verdoyante, quelques moutons broutent à flan de colline. C'est beau et super calme. Merci mon Dieu ! Mais peut-être ferions nous mieux de remercier le diable : ce matin le ciel n'est pas beau du tout, très couvert, la pluie menace. D'ailleurs au bout d'un kilomètre ou deux les premières gouttes arrivent. On se hâte d'enfiler les pantalons K-way, Jouge junior tire un peu la tronche car qui dit pluie dit parcours plus difficile. D'autant plus que d'ici un kilomètre une rivière à traverser nous attend, pas besoin de la pluie en plus...
Cher Dieu, faites que demain la pluie cesse ! Donc... Euh amen... Euh enfin Deo Gratias... Euh j'sais plus quoi... Je suis désolé j'ai pas eu le temps de potasser les formules...
N'empêche qu'un jour Dieu viendra, et tout Dieu qu'il est il devra s'expliquer : pourquoi j'ai jamais de pot moi !
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Publié à 09:08, le 6/11/2010, Mots clefs : |
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Pardon fiston pour tout ce que je te fais subir... Il faut sauver le soldat Jouge junior !
Finalement les gouttes s'arrêtent, on va pouvoir traverser tranquilement le gué. Celui-ci n'est pas très large mais il y a de la caillasse partout on va se faire mal aux pieds. En plus le courant est super fort car la pente est plus marquée qu'ailleurs. On essaye d'abord de jeter quelques pierres dans l'eau pour tenter de traverser sans avoir à ôter nos chiouzes mais c'est impossible : le courant est si fort qu'il entraîne les pierres en aval, même les plus grosses. On commence alors le rituel habituel de la traversée des rivières et on y va. En fait ça a été vite fait, même pas le temps d'avoir des crampes aux pieds à cause de l'eau froide, la traversée s'est faite sur deux ou trois mètres. L'an dernier ici au mois de juin, un pont de neige m'avait permis de passer facilement.
On renfile nos pieds fripés par l'eau froide dans nos chaussettes sales. Le fiston me fait remarquer amusé qu'elles gardent la forme de nos pieds, et qu'elles tiennent debout toutes seules tant elles sont crades. Je lui dis : si ta mère sait tout ce que je te fais subir elle me retire le droit de visite à coup sûr. Si le curé l'apprend il m'excomunie. Alors motus sur tout ce côté sombre de la rando svp. Il marchande son silence contre une barre céréale parfum chocolat. Je cède... Pas le choix, je risque trop gros là.
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Publié à 09:08, le 5/11/2010, Mots clefs : |
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On se sèche rapidos les pieds et on attaque la montée la plus raide du parcours pour atteindre un plateau minéral de mille mètres d'altitude environ. On multiplie les pauses lors de la montée, on a les cuisses qui chauffent.
A mi-montée on croise une vraie routarde, un nana toute seule, avec un sac à dos dont la taille impose le respect. On discute un peu, elle félicite le fiston qui finit par ne plus se sentir.
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Publié à 09:08, le 3/11/2010, Mots clefs : |
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Arrivés en haut le temps a l'air de vouloir se lever, le soleil pointe le bout de son nez, ce qui est rare parce que le coin est très souvent prisonnier de la brume. Ca va être génial car je suis déjà passé ici deux fois et à chaque fois c'était en pleine tempête, surtout en 2009 où j'avais eu assez peur de me perdre quand un épais brouillard s'était levé. Le premier qui dit poil au nez je l'éviscère façon barbarre avec des outils rouillés. Surtout le tout était accompagné d'un joli orage de grêle.
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Publié à 09:08, le 2/11/2010, Mots clefs : |
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Il est 10h30. On aperçoit au loin des grappes de randonneurs qui arrivent en sens inverse. La plupart des randonneurs font le trek dans le sens inverse, ce qui est domage car on commence alors par les deux plus belles étapes et on finit par les deux moins jolies. En plus en finissant au Landmannalaugar on peut profiter de la source chaude pour soulager nos muscles endoloris.
Au fond sur la crète on distingue un randonneur qui s'en va.
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Publié à 09:08, le 31/10/2010, Mots clefs : |
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Comme prévu la tentative d'emmener Jouge junior au sommet d'un de ces sommet a royalement foiré. J'aurais aimé monter planter le tipi au sommet de l'Haskerdingur avec une vue surplombante sur tout le massif. Je demande par politesse au moufflet si ça le branche :
- " Ca tenterait le randonneur émérite que tu es d'aller camper là-haut ?"
Il acquiesse avec panache :
- " ... Mouhais..."
Bon alors voilà, devant un tel entrain ce sera pour une autre fois.
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Publié à 10:08, le 30/10/2010, Mots clefs : |
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On commence à croiser beaucoup de monde, on nous dit " bonjour " dans pas mal de langues, souvent en anglais, langue internationale. A un moment un type avec une tête de choux de Bruxelles s'arrête et nous dit :
- " doberdan ! "
Je lui demande :
- " what is that langage ? "
Il nous dit avec un grand sourire :
- " Slovénia !!! "
Sur la gauche on distingue quelques randonneurs en tout petit.
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Publié à 12:08, le 29/10/2010, Mots clefs : |
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Tout autour les fumerolles empestent l'oeuf pourri à cause des vapeurs de souffre, Jouge junior s'en plaint et marche la main refermée sur le nez.
La suite de l'étape est marquée par un roulé boulé du petit au fond d'une ravine de cendre. Ah ces jeunes !
Les calculs savants de la French Team évaluent à 1,54 % les chances de se prendre la flotte. Alors on aura dû oublier une retenue quelque part parce qu'on s'est pris une averse. C'est pas aujourd'hui qu'on va synthétiser de la vitamine D.
De plus, fait marquant, le Jouge junior est à présent monté sur semelles plastiques, les champs de lave on eu raison de la première épaisseur en caoutchouc de ses savates.
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Publié à 10:08, le 29/10/2010, Mots clefs : |
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Jouge junior prend un peu d'avance...
Quand à moi j'ai l'impression de ressembler de plus en plus à un vieil ermite de la tundra, un vieux sauvage défoncé à l'alcool de rutabaga, mes vieilles habitudes d'ours des cavernes reprennent leurs droits... Y'a pas idées de se laisser dériver comme ça !
Il me faisait remarquer au refuge d'hier soir que j'ai les poils de sous les bras qui commencent à friser en dread locks. Punaise je suis en train de devenir rasta ! Sans compter qu'avec mon sac lourd à m'en faire péter les clavicules façon parmesan, quand je marche on a l'impression que je danse sur " Could you be loved ".
Sinon à part vous ça va ? Le discours vous sied ? Et quid de la police de caractère choisie ? Il est vrai qu'un Arial corps 8 risquait d'affadir le propos, je me suis donc arrêté sur du Times New Roman calibre 12.
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Publié à 09:08, le 29/10/2010, Mots clefs : |
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On arrive sur une sorte de rebord de falaise duquel on a une vue énorme sur une coulée de lave. On s'arrête et pour profiter davantage de la vue on fait une pause barres céréales d'un petit quart d'heure. En plein vent.
On distingue au loin en tout petit le refuge de Hrafntinnhusker adossé à la colline. De le voir si loin, le Jouge junior pousse un soupir de découragement. Je l'encourage en lui assurant qu'on va multiplier les pauses.
On fait d'ailleurs une pause sous le soleil qui revient, mais en plein vent, on est à environ 1000 mètres d'altitude. On s'arrête un bon quart d'heure et tout en grignotant on observe quelques randonneurs qui se lancent à l'assaut du Haskerdingur. Ils laissent leurs sacs en bas recouverts de leur housse de pluie. Le fiston, gourmand dans l'âme me suggère d'aller les dévaliser de leur nourriture... Ô fiston tu devrais avoir honte ! Sache que qui vole un oeuf vole un boeuf, mais qui vole un boeuf est quand même vachement musclé ! On repartira en frôlant leurs sacs, ce qui donnera des frissons dans toute la colonne vertébrale au Jouge junior.
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Publié à 09:08, le 29/10/2010, Mots clefs : |
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Le fiston réclame une énième pause :
- " Au fait y'a pas eu la pause-barre-céréales de dix heures trente ! "
- " En fait t'es kaput et tu ne sais pas comment réclamer une pause. Hou hou la honte ! Alors on fait la flaque ? On se déballonne mollement ? Pleutre va ! ".
Il se défend et me fournit un début d'explication :
- " Mais non heu... "
- " Bon écoute fiston on ne va pas se raconter la bonne aventure entre gitans ! N'essaie pas de me barratiner sur les barres céréales, on n'a plus que trois petites bornes à faire, ok on s'en grille une et on repart aussi sec. Désolé mais on n'est pas venu ici pour rester sous les nuages à jouer du langspil en buvant du brennivin ! "
Bon... je lui cloque quand même un bisou d'encouragement et lui promet pour ce soir un lyophilisé de poulet au curry à l'indienne dont il raffole.
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Publié à 09:08, le 28/10/2010, Mots clefs : |
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Pour atteindre le refuge on franchit une succession de petites ravines dont le fond est plein d'une couche de neige dure et salie par la cendre. Cela nous fait faire pas mal d'efforts, je plains un peu le fiston ( mais sans plus ! ) : tout effort physique le fait sentir sous les bras. Mais bon c'est sa première randonnée il a encore quelques réglages à faire... C'est comme cette tendance qu'il a à perdre un peu de son adhérence dans certaines courbes attaquées de manière trop virile.
On croise pas mal de groupes de trekkers, certains sont jusqu'à une dizaine. Le soleil se donne à fond à présent, je sens que j'ai les oreilles qui chauffent, j'ai sûrement déjà attrappé un coup de soleil.
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Publié à 09:08, le 27/10/2010, Mots clefs : |
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Au milieu des plaques de neige on croise une sorte d'ukrainien complètement halluciné avec en bandoulière un GPS et un téléphone portable à la taille qui semble dater d'avant l'invention du Minitel. Au fond de moi je pense : " sombre être inférieur, comment peux-tu à ce point être dénué de classe et accepter de vivre dans une telle médiocrité technologique ? ", puis je me ravise : moi je n'ai même pas de portable... Honte sur moi... Non seulement je n'ai pas de portable mais en plus depuis le 1er janvier je vis en slip en ne buvant que du rhum.
On s'arrête car il amuse beaucoup le Jouge junior ! On l'interroge de façon subtile et feutrée sur la suite du trek. La conversation se fait en anglais moderne et donne à peu près ça :
- " Dou you fink that ze wether iz going to bi better ? " en plus ça rime et c'est presque en alexandrin, mais il ne semble pas avoir pris connaissance de la météo... Too bad. Et il ne semble pas être un grand fan de poésie.
Le Jouge junior rigole... sournoisement...
A son tour il nous questionne sur l'état du refuge suivant. Le fiston se marre en coin, et on le renseigne volontier :
- " Next shelter is great, you got : massage, tennis, sauna, girls... "
Il pâlit et l'énorme veine bleue qui lui barre le front semble s'épaissir. Le jouge junior a un mouvement de recul, une sorte de réflex défensif si vous préférez. " Elle va éclater papa !" s'inquiète le mouflet. On se sauve. On voulait lui demander d'autres infos, tant pis on improvisera...
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Publié à 18:08, le 26/10/2010, Mots clefs : |
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Au fond, à flan de montangne, avec de bons yeux on distingue un point blanc, c'est le refuge.
On va baptiser ce refuge le " presque là " car à chaque fois que le fiston pensait le voir surgir de derrière une colline de lave il fallait marcher encore un peu plus.
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Publié à 16:08, le 26/10/2010, Mots clefs : |
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Le refuge est maintenant tout proche, une dernière petite montée au milieu des pierres d'obsidienne qui mitraillent le sol et on est accueilli par la gardienne vêtue d'un épais pull islandais.
Le fiston a insisté pour qu'on dorme dans le refuge. C'est vrai que le ciel se couvre à nouveau de gros nuages lourds et la gardienne nous dit qu'elle craint l'arrivée de la pluie pour cette nuit. Comme la meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder... on y fonce ! On dormira donc inside.
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Publié à 09:08, le 26/10/2010, Mots clefs : |
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Le sol est mitraillé d'obsidienne. C'est une roche volcanique vitreuse, certaines lamelles fines laissent passer la lumière on voit presque à travers comme du verre. C'est une roche très dure, Jouge junior voulait en ramener un petit morceau et on n'a jamais réussi à en casser un morceau.
La roche se dévitrifie avec le temps, donc celle qu'on trouve n'est jamais très ancienne.
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Publié à 09:08, le 24/10/2010, Mots clefs : |
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La gardienne nous entraîne à son comptoir à l'intérieur du refuge où nous payons par carte bleue. Les dieux sont avec nous car je m'aperçois plus tard qu'elle s'est trompée sur le montant à payer de plus de 3000 kr à notre avantage.
Ci-dessus le sas du refuge où les grolles et les fringues s'empilent... C'est un peu la grande pyramide de Gizeh version grolles de randonnée.
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Publié à 09:08, le 23/10/2010, Mots clefs : |
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La patronne nous dit qu'elle attend trois groupes pour cette nuit et qu'il reste quelques places dans le grenier sous les combles. Au moins là-haut on aura chaud.
A présent, retour à la ligne et majuscule s'il vous plaît.
Jouge junior semble avoir retrouvé le calme et la sérénité une fois attablé à l'intérieur.
L'heure de dîner approchant à grands pas, je profite de cet instant ( trop rare ) durant lequel le fiston est anormalement calme pour desendre en cuisine préparer LA BOUFFE ! Ce soir ça sera un poulet au curry sans grand intérêt gustatif et manquant franchement de générosité. Ce sont des lyophilisés de 80 grammes et c'est un peu court quand on a marché toute la journée. Ca c'est pour Jouge junior car je le lui avais promis pour le faire avancer lors d'un de ses nombreux coups de fatigue.
Pour moi ce n'est guère mieux : je me contenterai de pâtes végétariennes qui auraient pû avoir leur mot à dire si elles eut été servies avec un petit coup de pinard. C'est vrai qu'une fois réhydratées, du fond de leur sachet elles appelaient un délicieux Chianti à grands coups de braillées. Malheureusement ici bonjour la loose...
Franchement ils pourraient faire des efforts ! Ca leur coûterait quoi d'installer une table pour chaque groupe, avec des sièges surélevés pour les nains qui randonnent ( non Jouge junior je ne parle pas spécialement de toi ), et de proposer des fruits frais en quantité ainsi que des menus végétariens pour les non carnassiers ! Quelques enceintes fixées dans les coins de chaque pièce et une boule à facettes au plafond histoire de s'encanailler avec du Bee-Bop underground. Tout cela est quand même un peu tragico-tragique...
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Publié à 09:08, le 22/10/2010, Mots clefs : |
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En fin d'après-midi la pluie se pointe comme l'avait pressenti la gardienne et j'observe par la lucarne du grenier les tentes plantées devant le refuge.
Serrés à deux dans Betsy sous la pluie on aurait été limite mouillés, nos sacs de couchage touchant les paroies de la tente.
On étale nos sacs de couchage sur les couchettes pour marquer notre territoire ( c'est toujours mieux que d'uriner aux quatre coins du matelas ) puis on commence à dîner. Il y a maintenant beaucoup de monde on est un peu serré, il est difficile de bouger, de se croiser dans les escaliers...
Après le repas j'attrappe un jeu de cartes qui traîne et on tape le carton avec le Jouge junior. On se fait une partie de bataille pendant un petit moment.
En cours de partie une bagarre éclate !
Le Jouge junior n'est pas d'accord sur un pli : il s'agit d'un jeu anglais où les valets sont marqués d'un " J " et il n'accepte pas que mon roi l'emporte. Ca castagne quelques instants, un polonais qui passait par là fonce tête baissée dans la mêlée, suivi d'un couple d'allemands que le mouflet plaque au sol par la ceinture, je leur rentre aussi dans le tas... moment de répit... on s'observe... puis la gardienne massive alertée par le brouha déboule dans l'encradrement de la porte armée d'un torchon enroulé en torsades.
Pour des raisons religieuses et diverses on n'insiste pas. Tout finit par rentrer dans l'ordre après négociations : les chleux retournent sur leur couchette, le polonais redescend au rez-de-chaussée en boitillant et Jouge junior négocie donc trois abricots secs pour signer l'armistice.
Tout de suite après on part enterrer le polonais derrière le refuge près de la source chaude. Fallait pas provoquer...
Sur la photo au milieu des tentes on aperçoit la petite cabane qui faisait office de toilettes jusqu'en 2008, toilettes les plus sportives qu'il m'ai été donné d'utiliser. Les toilettes sont maintenant attenantes au refuge mais leur utilisation nécessite une sacrée dose de courage : il s'agit de toilettes sèches et franchement ça chlingue un max. En fait l'expérience m'a appri ( ça fait quand même trois fois que je passe ici ) qu'il faut y aller sans réfléchir, on y entre en se débranchant le cerveau, on y va en tracé plat, avec l'encéphalogramme du tétard.
Pardonnez-moi je vais être crade en donnant quelques détails mais c'est nécessaire : de plus vue la position qu'elles nous imposent, rares sont ceux qui font mouche du premier coup et les éclaboussures ne sont pas rares, ainsi lors de notre séjour un trekker malhabile avait abandonné sur le bord une crotte à pois jaune témoignant l'ingurgitation récente d'une mauvaise salade de maïs. Bon allé, stop.
Un peu plus tard on se pieute, raide de notre journée de marche et des nombreuses bagarres.
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Publié à 09:08, le 21/10/2010, Mots clefs : |
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La gardienne du refuge nous suggère une courte excursion d'une trentaine de minutes : l'ascension du mont Sodüll en face le refuge. Le Jouge junior négocie un paquet de trois petits beurres sinon il ne bougera pas. En bon père de famille je cède, la fin justifie les moyens, et si ça me permet de ne pas employer la menace, j'adhère. Je le trouve bien calme ce soir, me préparerait-il un coup fourré ?
Il fait un peu plus beau, de légers rayons de soleil vaporeux carressent le refuge avec amour. Mais v'là ti pas qu'un énorme nuage gris foncé made in Atlantique nord le met K.O. manu militari. Au loin un rideau de pluie arrive en frontal, on ne va pas pouvoir échapper à la pluie, juste le temps d'enfiler nos palmes.
Le temps s'assombrit bien vite tout à coup, on y voit encore mais bon... On se dépêche de redescendre au refuge, dans l'obscurité augmentant le Jouge junior pourrait ne pas me reconnaître et il serait capable de me buter !
On redescend en vitesse, quelques gouttes arrivent, le vent souffle, l'air froid me giffle. Je ne dis trop rien je mérite. On l'a bien cherché... Quand je pense qu'on avait le choix entre ça et le farniente à Saint Barth...
On arrive au refuge avec la capuche sur la tête. Le refuge est maintenant bondé à mort. On s'engouffre, on se faufile comme on peut dans ce qui ressemble à une sorte de Tétris géant dont nous sommes les briquettes.
J'aimerais bien téléphoner en France faire un coucou à ma copine mais je n'ai pas pris mon 06.
Un duo de nationalité inconue nous accueille comme des rois avec des chips à la banane. Alleluia ! Si on chope la drouille on saura où on l'aura attrapé. Finalement en voyage l'immodium est plus utile que le téléphone portable.
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Publié à 14:08, le 20/10/2010, Mots clefs : |
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Très jolie cette roche rouge, et la vue de là-haut est panoramique, c'est une sortie que je conseille si le temps est dégagé.
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Publié à 19:08, le 19/10/2010, Mots clefs : |
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On se lève fort tôt pour griller tout le monde afin d'avoir de la place en cuisine et pouvoir fermer nos sacs peinards. Que nenni... Il y a déjà du monde debout en bas.
Un écriteau prévient de ne pas utiliser la cuisine avant sept heures histoire de ne pas faire trop de bruit. Il est 6h57 et une espagnole se fait enguirlander comme il faut par notre massive gardienne qui lui montre le panneau du doigt.
La petite espagnole tente un culotté :
- " Je ne l'avais pas vu "
- " Come on ! ", lui répond la patronne.
On déjeune rapidos assis en équilibre sur une fesse sur un banc. Un dernier délestage aux sanitaires et on se lance.
Curieusement quand la grosse double porte du refuge claque sur nos talons on a la désagréable sensation d'être enfermé dehors.
Dans les lavabos, en plein courants d'air, une sorte de Rambo égaré se rase torse nu, s'aspergeant d'eau glaçée le visage en exibant ses pectoraux de coq et en vantant haut et fort le côté écologique des toilettes sèches du site. Un protecteur de la nature sûrement... A tous les coups il doit utiliser des solutions alternatives pour s'éclairer, genre il produit de la lumière à base d'huile de couenne de jambon séché, voire de résine de saule pleureur macérée dans du vinaigre de framboise. Ca éclaire que dalle quand ça flambe mais il est content.
Pour le taquiner un peu je lui dis que je préfère de loin les bains aux douches et que j'adore le Big Mac au Coca, c'est le genre de chose qui ennuie les bien pensants. Bon il a l'air de biter que dalle à ce que je lui narre.
Selon certaines sources l'expression " Espèce de madeleine au Q.I. de tagliatelle " aurait été prononcée.
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Publié à 09:08, le 19/10/2010, Mots clefs : |
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Sitôt passé la butte derrière le refuge, les cairns se succèdent, ils ne sont pas très espacés signe que le site est souvent prisonnier du brouillard. Ils ont sûrement été érigés en si grand nombre pour éviter que le désastre de 2004 ne se reproduise : un jeune avait trouvé la mort pris dans une tempête de neige et de blizzard. C'est vrai que la stèle qu'ils ont installé à sa mémoire un peu plus bas fait désordre.
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Publié à 18:08, le 18/10/2010, Mots clefs : |
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Le ciel est nuageux mais avec de grandes percées de bleu, ça va être une belle journée, surtout si comme pour les jours précédents ça se lève vers dix heures. Croisons les doigts. Le Jouge junior lui ne croise rien du tout, vif comme l'éclair il escalade un cairn. Quel incorrigible, toujours à l'affût d'un coup à faire ! Enfin on ne change pas les rayures du zèbre... Et puis les chiens ne font pas des chats...
On commence donc l'étape d'aujourd'hui en suivant de gros cairns donc, près desquels on multiplie les photos. Jouge junior est content car l'étape d'aujourd'hui est toute en descente. On passe devant la stèle du jeune Ido mort dans la tempête en juin 2004, le fiston n'en revient pas qu'on puisse mourir ici dans la tourmente en plein été. Quand on jette un oeil aux allentours c'est vrai qu'en cas de mauvais temps, si on n'est mal équipé il n'y a pas beaucoup de portes de sortie.
Au loin on distingue les fumées du site géothermique de Stohriver qui s'élèvent dans les airs. Ca va sentir l'oeuf pourri, le fiston fait déjà la grimace.
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Publié à 09:08, le 18/10/2010, Mots clefs : |
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Arrivés sur le site on s'approche d'une mare d'eau chaude en train de bouillir à fond qui laisse échapper une colonne de vapeur. Et c'est beau. Ca vaut son pesant de boudin non ?
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Publié à 22:08, le 17/10/2010, Mots clefs : |
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Ca fume de partout et la verdure a colonisé pas mal de petites failles dans lesquelles l'eau s'écoule.
Jouge junior me signale qu'un islandais qui nous suit debut le début du trek nous rattrape.
- " y'a l'islandais ! " me dit-il à voix basse " y'a l'islandais ! ".
Il faut dire qu'on l'a vu torse nu au refuge hier soir et il est impressionnant, il peut faire peur aux gamins. Il a une drôle de pilosité qui s'ose à coloniser des zones franchement improbables, ça lui donne un petit côté méditerrannéen. Bon là il a renfilé sa veste mais quand même...
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Publié à 18:08, le 17/10/2010, Mots clefs : |
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Je laisse le petit partir devant pour faire quelques photos de lui, afin de donner une échelle à l'image, de donner une idée du côté gigantesque des lieux. Tout est silencieux, c'est très chouette ici.
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Publié à 09:08, le 17/10/2010, Mots clefs : |
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Joli mélange d'ombres et de lumières sur un champs de lave. En haut à droite le fameux mont Sodüll que nous avons gravi hier soir.
Quant à l'islandais qui nous suivait ( on l'aperçoit en bas à droite de l'image ) il a finit par nous dépasser puis a disparu de nos écrans de contrôle. Il faut voir comme il cavale aussi...
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Publié à 17:08, le 16/10/2010, Mots clefs : |
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On s'échappe du site de Stohriver en traversant des champs de lave cordée recouverts de mousse verte fluo.
On arrive sur un petit plateau où nous sentons que le vent se tient en embuscade, ça souffle pas trop fort mais certaines rafales nous montrent que d'un instant à l'autre le vent peut forcir et se fâcher. On a gagné un peu en altitude par rapport à Stohriver, le sol est minéral à 100 %, recouvert de mini galets, mini cailloux. Plus qu'ailleurs le gel a fait ici son lent travail d'érosion : la gélidivision, l'érosion mécanique, semble être ici la cause première de l'érosion du sol. On voit bien que tout a été lessivé par les pluies. La roche au sol est jaune-orange et par beau temps le sol semble s'embraser, il s'illumine, c'est royal. J'essaie d'expliquer tous ces phénomènes au Jouge junior mais il s'en bat les steaks, il est plus interressé par l'heure de la prochaine pause-barres de céréales. De toute manière lui dès que ça remue un peu y'a plus personne...
Le vent du nord est constant et du coup ben... On se gèle un peu les meules. Et je rappelle à ceux qui en douterait encore qu'en Islande le temps peut être furibard et que par conséquent il est très mal vu de s'y promener en tongs et en short à fleurs. Je le précise car la majorité des gens ne savent même pas comment ce pays fonctionne dans le dedans de l'intérieur.
On approche de la fin de notre trek, aussi un frisson jouissif traverse le Jouge junior de part en part. C'est bien trouvé comme expression, c'est beau non ? Quelle poésie ! Et quelle rythmique mélodieuse !
En tous cas c'est pas avec tout ça et d'autres conneries de l'ère glaciaire que je vais donner envie aux gens de grimper ici.
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Publié à 09:08, le 15/10/2010, Mots clefs : |
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Avant d'attaquer la descente sur le Landmannalaugar on se pose en plein vent sur un petit tas de cailloux qui en des temps passés devait être un cairn, puis on grignote un truc et on s'hydrate. La bouteille d'Epar qui nous sert de gourde commence à être sérieusement défoncée et... crade.
Ma progéniture me fait remarquer que je n'ai presque plus de cheveux sur le dessus du crâne ainsi que sur les tempes, ce qui dit-il innocemment " met tes oreilles en valeur ".
... Moment de solitude...
Il en rajoute en me disant qu'à mon âge c'est normal... etc... Que j'ai 40 ans... etc...
Message subliminal n° 2 : à 40 ans on est vieux.
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Publié à 09:08, le 14/10/2010, Mots clefs : |
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Puis au loin apparaît la montagne rouge emblématique du Landmannalaugar : Breinistensalda. On approche de la fin, le tracé est maintenant en descente plus marquée. Jouge junior en a plein les guêtres, mais il trouve encore la force de courir après les quelques moutons égarés de ci de là. Quel incorrigible celui-là !
Ainsi, décoré de sa jolie veste Gore Tex bleue, comme la roue enjolive le paon, il part loin devant et leur court après, je lui hurle dans le vent :
- " Laisse tomber tu les auras paaaaas ! ", ou encore :
- " Roule pas des fesses, la piste est droite ! "
Il ne m'entend pas, je dois piquer un petit sprint pour le rattrapper, il ne faudrait pas qu'il se perde, tout se ressemble par ici : des petites collines ocres couvertes de cailloux et de quelques tâches de mousse. S'il se paume là je suis mal... Il part sans y réfléchir, il marche à l'instinct... Ce comportement primaire n'est que pure insulte à toute intelligence supérieure à celle d'un singe Bono-bo en échec scolaire. Il me crève ! Conclusion : vivement ce soir qu'on se pose.
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Publié à 09:09, le 13/10/2010, Mots clefs : |
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Il insiste mais sans succès. Au pire il leur aura filé un gros coup de flip. Si on veut bouffer de l'agneau ce soir il va falloir être plus vif.
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Publié à 18:08, le 12/10/2010, Mots clefs : |
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Après moult cavalcades le fiston se calme et revient marcher à mes côtés. On laisse Breinistensalda sur notre gauche puis on dévale la pente à 30 ou 40 % qui nous dépose à l'entrée de la vallée de Vondugil et ses vastes étendues de linaigrette. Magnifique. Mais une averse nous fait piquer un petit sprint, et chargés comme des malades c'est spécial. Selon certaines sources le mot " chameau " aurait à nouveau été prononcé. Le camping apparaît soudain entre deux rochers, on va pouvoir souffler... Whouâ la vache y'a du monde !
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Publié à 09:09, le 11/10/2010, Mots clefs : |
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Ce matin, le Jouge junior traîne pour se lever. Je tente comme je peux de le forcer à se lever mais que dalle il veut rester au chaud. Après une demi-heure de combat intense je réussis à le sortir du sac de couchage. Il a perdu une chaussette dans la bataille, je suis en nage ! La bête baille à s'en décrocher la machoire, joli tableau !
Il est pleine croissance je fais donc attention à son régime alimentaire en le gavant de produits laitiers. Produits laitiers qui après une semaine à dormir dehors doivent lui manquer car en apercevant des boules de laine errer entre les tentes du camping il me propose de... traire un mouton !
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Publié à 09:09, le 9/10/2010, Mots clefs : |
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On vient de se coltiner quatre jours de randonnée. On va rester à présent quatre autres jours au Landmannalaugar et faire des randonnées en étoile. Cette après-midi donc on tente l'ascension du Blahnukur, " la montagne bleue ". La pente est hyper raide le Jouge junior tire sacrément la langue comme un clébard assoifé. le sentier qui mène au sommet serpente sur la crête où le vent souffle gentiment. On croise un guignol qui redescend accompagné de sa femme, en piercing et en rangers, il a le nez en forme de Bretagne, le genre de gus qui a tout pour entrer dans la légende et y trouver une place assise. Et quand il parle il débute toutes ses phrases par une sorte de barrissement. Il y a du De Gaulle en lui.
Arrivé au sommet le vent forcit. De là-haut la vue est époustouflante.
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Publié à 08:09, le 7/10/2010, Mots clefs : |
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On plante la tente et on part se balader un peu... Au passage on a ôté nos godasses pour inspecter nos pieds endoloris et faire l'inventaire des dégâts, et l'odeur de nos chaussettes nous a fait rougir de honte. A une époque où on envoie des bonhommes sur la lune on est incapable d'empêcher nos panards de chlinguer, je trouve ça pathétique.
- " J'ai une bonne nouvelle fiston ! "
- " Quoi ? Je suis adopté ? "
... moment de solitude...
- " Non comme le camping possède des lavabos on va laver nos chaussettes et en mettre des propres ".
Ces montagnes qui bordent le camp de Landmannalaugar sont vraiment super belles et impressionnent le Jouge junior qui lâche un " Whouââââ ! ", magnifique, " c'est joli comme la bulle d'un pêt qui glisse sous une plaque de verglas ", pensai-je tout haut.
Sinon un truc nous a interpelé : de passage à la réception pour payer l'emplacement et demander la météo on s'est échoué sur un type qui ressemble à Benny Hill. Le genre de personnage qui est rigolo sans le savoir, même s'il a un peu l'air d'un traîne la grolle. Mais très gentil. On lui demande s'il a entendu la météo pour les jours à venir, il nous renseigne volontier sous les gloussements du Jouge junior. Normalement du soleil est prévu... Mais la météo en Islande n'est pas une loterie, et puis à la loterie il y a des gagnants. Il tient la réception de 8 heures à 13h00 et on dirait qu'il s'est peigné pour l'occasion. Le fiston arborre un sourire en coin, incapable de se contenir devant notre personnage préféré du camping. Il nous propose quelques prospectus gratuits sur l'histoire du site, on les accepte même si j'aurais préféré qu'il me donne gratis la carte du coin au 1 / 25 000ème qui est en vente à un petit paquet de couronnes. Désolé Benny mais dès que j'entends le mot culture je sors mon flingue ! Enfin je suis bien conscient qu'ils ne peuvent pas nous donner tout gratuitement sinon c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres.
Par contre l'après-midi la réception est tenue par une nana exagéremment maquillée qui a l'air aussi sympatique qu'une grève des éboueurs en été. Elle ne nous délivre des infos que du bout des lèvres et au compte goutte. Elle nous énerve assez, vous ne connaissez pas un taxidermiste ?
Quand on est venu payer l'emplacement, face à notre odeur de fauve, elle nous a désigné le bâtiment des douches d'un clin d'oeil " there you've got hot water ".
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Publié à 09:09, le 5/10/2010, Mots clefs : |
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Notre expédition se veut aussi spirituelle... Parmi tous les plats lyophilisés qu'on a réussi à avaler, le hachis parmentier à la sauce floue tient une place à part dans notre coeur. Une fois qu'on a versé de l'eau dans le sachet, on obtient une sorte de pâte brunâtre, avec la même consistance que du béton trop sec. Ca ressemble à une sorte de soupe aux grumeaux ( à force de ne pas lire les modes d'emploi des lyophilisés on tombe sur des trucs étranges ). Il peut arriver qu'au fond du sachet batifollent quelques bestioles ailées. Nos paroies intestinales risquent d'avoir du mal à supporter toute cette faune locale. Bon appétit fiston... Et puis bonne chance surtout...Si j'y reste je te lègue notre tente Betsy.
Une fois le repas béni avalé, je sors pour réciter la prière de la nouvelle lune. C'est la coutume.
A cette occasion on prie pour trouver une pomme par terre ou un autre fruit même à demi pourri, ou même pourquoi pas de simples épluchures de pomme de terre. C'est fou comme quelques aliments simples peuvent prendre l'apparence de trésors dans certaines circonstances !
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Publié à 13:37, le 4/10/2010, Mots clefs : |
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A l'occasion d'une sortie de trois heures pour aller visiter le lac Frostadatvatn on se fait agresser par trois moutons en rut. Il faut se méfier parce qu'avec un habitant au km² en cas de problème il y a peu de chance que quelqu'un puisse nous venir en aide. Il faut dire aussi que Jouge junior ne cesse de leur faire des misères, dès qu'il en voit la queue d'un il pique un sprint et leur court après. Si un fermier nous voit faire on va se faire lyncher. Il faudrait que je trouve un moyen de le calmer mais lequel... Je ne vais quand même pas lui faire l'outrage ultime de lui sortir les cahiers de vacances !
A chacun de nos pas des nuages de moucherons s'envolent du sol et s'aggripent à nous comme des mouches sur... le miel ( on va resté poli -- et sucré -- ).
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Publié à 18:08, le 3/10/2010, Mots clefs : |
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On est donc arrivé à la fin de notre trek et on est quand même surpris d'un truc : personne pour nous acclamer, aucun applaudissement, mais où sont donc tous nos fans ! Le Jouge junior est assez désapointé il en a les oreilles qui retombent ( en filigrane cela tendrait à signifier qu'il est quand même un peu crispé ). Sans déc' des mois de stress training, de niaque, de Red Bull en intraveineuse pour ça ! Grrrr...
Non aucun fan... Juste une nana ronchonne à la réception du camping. C'est fade. Pour le bien de la narration, oh soyons fous, appelons-la, je ne sais pas, peut-être... Kelly D. Hott ( Bon allé pardon ).
Mais quand même, note pour plus tard : Vérifier l'arbre généalogique de cette demoiselle, il doit bien y avoir quelques branches cassées. Et puis elle semble souffrir de bruxisme, quand elle parle ça fait Grzzz et Grzziii.
Sérieusement, ça vous fait rire toutes ces conneries ?
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Publié à 18:08, le 2/10/2010, Mots clefs : |
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Petite pause pour profiter de la vue sur les lacs environnants. Quelques moutons nous épient, des cygnes barbotent au loin, hors de portée ils semblent nous narguer. Sur le rivage on ramasse quelques unes de leurs plumes qui viendront orner un carnet de voyage.
Le coin est désert, le vent souffle pas fort mais en continu, dans le lointain au milieu de quelques bêlements le moteur d'un 4 X 4 pousse des cris.
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Publié à 10:00, le 2/10/2010, Mots clefs : |
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Pour passer le temps le soirs dans les campings ont fait des jeux. Bon des jeux pas toujours éducatifs mais des jeux quand même. Sauf une fois où on s'ennuyait vraiment et où on s'est brûlé les poils des jambes au briquet. Dans les moments creux ça occupe.
Hier soir on a joué au jeu du Skyr au jambon... Les règles sont simples...
Alors concentrez vous cinq minutes, vous verrez ce n'est pas excessif. Ca se joue en camping, sous tente, mais aussi en refuge de haute montagne, ça dépend des régions.
Au départ on a chacun 1 tranche de jambon rouge, 1 tanche de jambon blanc et 7 canettes de bière Viking. Seule cette marque de bière islandaise est utilisable du fait de sa faible teneur en alcool. Sauf quand on part avec un handicap auquel cas on retranche un certain pourcentage de centilitres de bière, mais ça c'est uniquement quand la météo est clémente depuis 35 minutes d'affilé, ce qui en Islande est quand même vachement rare. Ensuite tous les joueurs découpent leurs tranches de jambon en 60 petits dés chacune.
Celui qui commence à jouer le premier est celui qui rôte le plus fort, cela aura été déterminé lors d'une phase d'essais préalables. Le meilleur rôteur pose une devinette aux autres puis sort ramasser 17 plumes de cygnes à l'exterieur de la tente.
Pendant que le roi du rototo est dehors, si un des joueurs a la réponse à la devinette il s'assoie dans l'abside de la tente et hurle : " La réponse à Thor et Odin ! ". Pendant ce temps les autres restent assis et doivent boire une première bière en moins de 45 secondes. Ceux qui échouent n'auront pas le droit de répondre à la devinette si le premier se trompe.
Si aucun des mecs à l'intérieur de la tente ne trouve la réponse à la devinette avant que le type de dehors ne revienne avec ses 17 plumes de cygne, il doit ajouter autant de petits dés de jambon que de plumes ramassées sans jamais dépasser la limite de 2 fois plus de jambon rouge que de jambon blanc.
A ce moment là du jeu, s'il reste des survivants, le ramasseur de plumes de cygne lance 2 dés et obtient un chiffre entre 2 et 12, c'est le nombre d'indices qu'il peut proposer aux autres pour les aider à trouver la réponse à l'énigme du début. Avant d'énoncer chacune de ses propositions, il doit annocer le nom de celle-ci haut et fort. Dans l'ordre, le nom de ces propositions d'aide sont : marmelade, Skyr aux myrtilles, Brevin, surmjölk, west wind, Hornbjarg, Hellisandur, Macareux moine, Dottir, Alftavatn, Thor 1, et rideau.
Jusque là c'est facile mais cramponnez vous parce qu'à partir de là ça se corse un peu ( surtout si on joue en équipe mais on ne va pas compliquer davantage )... Celui qui pense avoir la bonne réponse, ferme la moustiquaire de la tente et donne la réponse à voix basse, par exemple : " Skyr aux myrtilles".
Celui qui donne une mauvaise réponse doit aller faire fumer tous ses petits dés de jambon blanc jusqu'à ce qu'ils prennent la couleur du jambon rouge et revenir à la tente les offrir à celui qui a posé l'énigme de départ.
Si quelqu'un donne la réponse exacte, il prend 4 dés de jambon rouge à chaque femme qui joue ainsi que 3 dés de jambon blanc au joueur qui refuse le premier d'aller lui faire cuire des nouilles. Les nouilles c'est important, avec le riz ça ne marche pas parce que la cuisson est plus longue. Ensuite c'est à lui de poser une nouvelle énigme.
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Publié à 18:08, le 1/10/2010, Mots clefs : |
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Trois heures du matin. A l'occasion d'un sortie commando nocturne vers les toilettes, les divinités locales nous offrent un lever de soleil sympa. Sur la photo on a l'impression qu'il fait noir mais c'est juste dû au contre jour du ciel. Au Landmannalaugar il caille à mort la nuit, et donc notre petite affaire terminée on retourne d'un pas preste à la tente s'enfiler dans nos duvets restés chauds. Je presse Jouge junior pour qu'il rentre se coucher :
- " Ecoute fiston, je ne te trouve déjà pas bien aguichant de jour, mais alors t'es à deux doigts de me coller les jetons ! ".
Je me mets alors à rêver... La compagnie d'une tignasse blonde serait la bienvenue, histoire de passer des vacances convenables. Une tignasse blonde féminine biensûr, par un viking barbu avec un casque à cornes. Faut un minimum.
Ce genre de préocupations n'hantent pas le Jouge junior qui s'est vite rendormi. Alors que je commençais à sombrer dans les bras de Morphée, il se retourne vers moi. Je suis maintenant super bien réveillé grâce à une surdose d'haleine de Jouge junior. Punaise !
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Publié à 18:08, le 30/09/2010, Mots clefs : |
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Prendre en photo un Jouge junior nécessite au préalable de l'attrapper. On peut l'appâter avec de la nourriture, généralement ça fonctionne bien.
Ici un effet de perspective sophistiqué et rare donne l'impression d'un Jouge junior plus grand que le Jouge originel.
Ceci est la photo officielle du Jouge junior's fan club.
La journée pourrait se résumer par un simple " Arrggffffff ", mais on va détailler un peu...
Après avoir durement lutté je finis par sortir le fiston de son sac de couchage, on a dû l'éventrer un peu dans la bataille car il y a des plumes partout, un peu comme après une bataille de polochons. La tente est crade et très long à ranger. Message subliminal n° 3 : le Jouge junior est bordélique. Ce matin le programme est cool : visite du volcan Ljotipollur à cinq petites bornes d'ici.
Donc après un rapide nettoyage de la tente, départ en toute légalité de Landmannalaugar .
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Publié à 15:08, le 28/09/2010, Mots clefs : |
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Sitting admiratif devant le paysage. Quelques moutons tout proches se font fort bavards. Le vent nous amène d'autres bêlements plus lointains qui percent le silence. La photo est un peu surexposée car le soleil brillait à mort. On aurait dû prendre nos lunettes de soleil parce qu'on est souvent éblouis, on va se détruire le nerf optique là ! Et on aimerait progresser sans risquer la crise d'épilepsie.
Pour venir en Islande il conviendra de laisser au porte manteau ses habitudes de confort vous l'aurez remarqué, mais face à de tels décors le jeu en vaut la chandelle. Ce n'est pas de la propagande c'est la réalité.
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Publié à 18:08, le 26/09/2010, Mots clefs : |
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Jouge sur ses terres...
Photo de Jouge el magnifico, seigneur de toute chose. malgré le soleil, au sommet du cratère le thermomètre fait de la chûte libre à cause du vent du nord constant ( 10 mètres / seconde ).
Le Ljotipollur est un maar : c'est un cratère volcanique avec le l'eau dedans. Il paraît qu'il regorge de truites.
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Publié à 18:08, le 24/09/2010, Mots clefs : |
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Au bout de la flêche on devine trois personnes en tout petit.
On redescend du bord du cratère et on coupe à travers les champs de lave et de mousse pour rattrapper la piste et rentrer à la tente. On marche en bordure de piste, quelques voitures passent de temps en temps en soulevant un cumulus de poussière incroyable, on tend le pousse pour faire du stop et éviter de se taper les cinq bornes jusq'au camp. A chaque fois que le nuage de pousière s'estompe, un autre véhicule arrive et on est replongé dans la poussière ! Si bien que nos yeux finissent par se plisser de manière permanente. Une petite dizaine de voitures nous doublent mais aucune ne s'arrête. Normal, il faut voir comme certaines sont chargées, il n'y a plus un seul centimètre cube de libre dans l'habitacle ! Je demande au Jouge junior de se retourner quand on tend le pouce pour qu'en voyant son visage de jeunot les conducteurs aient pitié et nous embarquent.
Soudain un vieux s'arrête au volant de son 4 X 4 dans un nuage de poussière. Bon le type ne semble s'être pas rasé depuis le crétacé.
Il y a un truc qui colle pas avec ce mec, il crie quand il nous parle alors qu'il n'y a pas lieu... Au bout d'un moment il voit qu'on est surpris, il se retourne et nous dit :
- " Pardonnez-moi mais je suis sourd alors je me concentre sur la piste. D'où êtes-vous ? Paris ? Aaaah Parisssss... J'y suis allé quand j'étais jeune, il y a 65 ans... ".
- " Retournez-vous ! Regardez la route ! ".
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Publié à 18:08, le 21/09/2010, Mots clefs : |
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On en a eu marre de manger de la poudre réhydratée alors j'ai puisé dans mon BUDGET PERSONNEL pour aller faire les courses aux bus du camping qui a été transformé en épicerie. Faire les courses est un bien grand mot, on n'y trouve que deux ou trois trucs à des prix de dingues ( bière, Skyr, crème solaire, jambon local emballé dans du PQ, Bounty, Mars... ). Mais ça dépanne bien.
Dans le bus mon coeur s'émeut en apercevant une affiche Heineken ! Finalement je craque pour une bière islandaise de marque Viking. Alors ils ont beau faire des canettes d'un demi litre, pour qu'elle commence à tabasser un peu il faut en boire plusieurs litres car elle ne fait que 2,25 ridicules degrés. Elle vaut que dalle pour les compèt' de beuverie. De toute façon j'ai arrêté les tournois de beuverie, c'est trop technique. Et puis ils nous écrivent partout sur toutes les canettes " boire avec modération ", je veux bien mais c'est qui ce "modération " ?
J'ai aussi acheté des pâtes fourrées au fromage et à la viande de porc dégraissée. Au milieu des odeurs de chaussettes on prend le temps de bien admirer notre repas, histoire de le faire durer plus longtemps ( voir photo ).
Quand soudain, un groupe de jeunes allemands ( quels envahisseurs ceux-là ! ) déboule dans le camping en masse. C'est l'émeute générale, la tente est encerclée, on se planque par peur de devenir la cible de ces " chahut makers ". On applique un très vieux proverbe chinois qui date de 2008 : " L'oeuf dont le poul est faible n'attire pas le renard ".
Dans l'après-midi on installera les défenses pour la nuit : Jouge junior rassemble tout un tas de pierres et les empile autour de Betsy, notre tente émérite. Cette horde de crétins boutonneux a l'air potentiellement dangereux donc le soir venu j'attache le Jouge junior à un piquet devant l'entrée de la tente et lui ordonne de mordre en cas de nécessité. Les autochtones qui campent dans les allentours rappellent leur progéniture et les consignent dans leur tente, nous soupçonnant de mettre des hallucinogènes dans nos nouilles pourtant achetées en toute légalité.
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Publié à 18:08, le 19/09/2010, Mots clefs : |
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Un mec bronzé avec le cheveu sale et le poil ras plante sa tente à côté de la notre. Erreur tactique de sa part... Ce gaillard n'a visiblement jamais entendu parler de Jouge junior réputé pour sa gourmandise jusque dans les coins les plus reculés d'Europe. Qui dit " tente " dit " réserve de nourriture ", et qui dit réserve de boustifaille n'exclue pas un pillage nocturne. Déjà Jouge junior s'aiguise les onges à l'Opinel n°6. Marque que je mentionne mais nous ne sommes absolument pas sponsorisés. Y z'ont pas voulu !
La nuit sera finalement calme. A part à 5 heures du matin : un puissant crépitement empêche les gens de dormir, il pleut. La météo avait annoncé des " showers ", les voilà donc ces fameuses averses.
Sinon réveillé par la pluie, à force de retourner dans tous les sens, le Jouge junior coince la fermeture éclair de son duvet. Les travaux de réparation sont longs et empêchent le peuple de dormir. Un ou deux grognements arrivent, les jurons fusent.
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Publié à 18:08, le 15/09/2010, Mots clefs : |
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En haut à droite deux randonneurs arrivent du refuge d'Hrafntinnhusker. L'Islande c'est aussi le pays aux noms de refuges imprononçables qui donne l'impression d'avoir la bouche pleine de chips ).
Au premier plan un par terre de mousse fluorescente comme on en trouve beaucoup.
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Publié à 23:08, le 14/09/2010, Mots clefs : |
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Bon salut... Ce matin on s'est réveillé fort tard. On prend de mauvaises habitudes. On a pas trop les yeux en face des trous. Ma progéniture me demande en trifouillant les boutons de sa montre :
- " Papa, quelle heure il est ? "
- " 125 kilos "
- " Ah j'avance j'ai 35 litres ".
- "...... " dis-je.
La nuit a été... mouvementée ( restons polis ). D'ailleurs le Jouge junior esquisse un sourire en coin... pfffff.... On rattérrit right now schtroumph farceur ! Je vais mettre les choses au clair : la prochaine fois on part avec deux tentes, ce sera chacun la sienne. Désolé mais les odeurs de poney au réveil c'est plus possible fiston. Bon il est maintenant reconnu par la communauté scientifique que qui ne rôte ni ne pète est voué à l'explosion, mais en camping il faut trouver des solutions alternatives.
Bon il faudrait se lever si on veut avoir le temps de faire une excursion pendant la matinée, mais ce matin mon duvet est possessif.
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Publié à 20:08, le 14/09/2010, Mots clefs : |
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Un autochtone nous épie. C'est plutôt rare de croiser des chiens en Islande alors on a immortalisé l'instant. Son maître avait un petit air... pittoresque. Osons le mot !
On retourne dans la tente se reposer un peu. Je découvre alors que le Jouge junior a commencé une collection de moustiques morts. A travers la moustiquaire de la tente une trentaines d'autres nous regardent avidement ( comprendre de manière affâmée ). C'est affolant comme des dizaines de moucherons sont venus se suicider sur la moustiquaire durant la nuit dernière !
Ca manque un peu d'ambiance, ils pourraient organiser des activités, des combats de trolls sur lesquels on pourrait miser quelques couronnes. Ou un truc à la Jeux sans frontières avec des nains qui torréent des chèvres ou que sais-je !
En fin d'après-midi, le front nuageux trop longtemps contenu explose en une superbe averse, la pluie nous tombe dessus comme la misère sur le pauvre monde. Ca dure une petite demi heure.
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Publié à 18:08, le 13/09/2010, Mots clefs : |
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Il est maintenant temps de rentrer...
Le retour vers Reykjavik se fait sur une piste cahotique, je crains que le fiston soit malade tant ça secoue. Car si la France est le pays du fromage et la Hollande celui du vélo, l'Islande doit bien être celui des pistes défoncées. Des pistes sur lesquelles on ne croise personne ou presque. On traverse des immensités à en donner le tournis, des lieux perdus, l'homme n'est rien perdu dans ces immensités. Parfois la piste accuse des pourcentages de montée de fou, le bus 4 X 4 crache alors ses tripes pour avancer.
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Publié à 21:08, le 12/09/2010, Mots clefs : |
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Sur la photo de droite on peut apercevoir Goldorak. Le casque viking lui va bien ça lui donne un air " petit lutin qui prend du speed ". Bon... Comment vais-je pouvoir expliquer ça à sa mère... Je trouve quand même ça triste la manière dont certains parents utilisent leur enfant pour valoriser leur existence. M'enfin, je ne suis plus à un paradoxe près.
Dans la capitale on se fait une petite sortie dans l'artère commerçante de la ville. Beaucoup de pubs et de boutiques touristiques. On tente de visiter une sorte de mini musée, une nana se tient à l'entrée derrière un comptoir. Je tente de communiquer avec l'indigène pour entrer. Prix de la visite : 1000 couronnes par personne. Je demande s'ils font " half price " pour les enfants, nous sommes éconduits par un NO assez sonore. Hou la la, je tire le fiston dehors par la capuche ! Evacuation immédiate des lieux devant l'absence de budget culturel. C'est cher, cela nous fait l'équivalent d'une dizaine de Skyrs !
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Publié à 18:08, le 12/09/2010, Mots clefs : |
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Surprise : alors qu'on dîne paisiblement attablé avec le fiston devant la réception, un type s'approche et me demande : " c'est pas vous qui avez fait un site internet sur l'Islande ? ". Encore un fan ! Et de deux ! Je lui confirme que c'est bien moi, flatté mais encore une fois surpris à mort. Il me précise que c'est sa copine qui m'a reconnu et que c'est mon site qui leur a donné envie de venir ici. On discute un moment, on échange nos impressions sur le pays et les habitants ainsi que quelques conseils.
Ca y est je suis un star en Islande, la boucle est bouclée.
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Publié à 18:08, le 6/09/2010, Mots clefs : |
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6 heures du matin, le petit dort profondément, emballé dans trois tonnes de plumes.
Evênement 1 : 6h40 on déjeune.
Evênement 2 : 6h43 une bagarre éclate. Il semble que l'objet du litige soit une rondelle de Chorizo achetée la veille. Ca castagne sévère pendant un bon moment, puis la bataille s'achève sur un match nul 6 à 4 ( Ca veut dire que le match était sans intérêt. Comment t'as trouvé le match ? Nul... ).
Nos bruyants voisins d'hier soir ( encore des allemands ) dorment encore, ce qui nous laisse un peu de répit. Hier soir ils se sont fait une fondue au chnaps arrosée pour chacun d'un demi litre de... Bordeaux rouge islandais made in California qui semblait taper étrangement fort.
Cette nuit la tente a pas mal condensée, l'intérieur est un peu humide.
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Publié à 14:08, le 4/09/2010, Mots clefs : |
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Voici un petit descriptif de notre matériel...
Sac de couchage de Jouge junior :
Il s'agit à la base d'un sac de couchage de marque Quechua modèle S10 Ultralight Down XL. Bon ça sonne très pompeux comme ça mais il n'était pas terrible, et partir dormir en terre viking avec ça eut été suicidaire. C'est un duvet garnit de duvet d'oie. Je lui ai fait subir tout un tas de misères pour l'adapter à la situation. A la base il était sensé tenir 10°C ( en étant optimiste ). Cette température étant en dessous des performances requises pour affronter les conditions climatiques de l'Islande ( même en été ) je me suis à la couture... Ca a été difficile parce qu'à la base je ne connaissais que le point de croix...
Ne mesurant qu'1,35 m. le Jouge junior aurait eu trop froid dans dans un si grand sac de couchage, son corps n'aurait jamais réussi à le chauffer. Donc je l'ai raccourci aux pieds d'une bonne trentaine de centimètres à grands coups de cisailles. Ensuite j'ai découpé la capuche dont on ne se sert jamais, histoire d'alléger un peu la bête. Toutes ces découpes ont fait gagner pas mal de poids. Au départ il pesait environ de 950 g. et seulement 578 g. après toutes ces transformations.
Maintenant adapté à sa taille, le sac n'était toujours pas assez chaud pour que Jouge junior dorme correctement. J'ai donc réinjecté du duvet d'oie grise de la meilleure qualité qu'on puisse trouver sur le marché. J'en ai commandé 100 g. chez Triple Zéro, du 850 cuin garanti. Résultat on obtient un sac de couchage pas beau avec plein de marques de couture, mais relativement chaud. Maintenant on peut taquiner le négatif.
Au final cela donne un sac de couchage sur mesure pour Jouge junior pour un prix défiant toute concurence.
Notre tente Betsy :
Notre tente Betsy est plutôt sexy mais assez étroite pour recevoir deux personnes. C'est en fait une tente Vaude modèle Hogan Ultralight d'environ 1750 g. Je le précise même si elle a horreur qu'on parle d'elle, elle est d'une timidité et d'une pudeur maladive. On l'a choisi en vert, vert couleur de l'espoir, espoir qu'elle tienne bon face aux bourrasques nocturnes.
A deux adultes, l'espace intérieur aurait été trop juste, mais à un adulte et un enfant... ça peut passer me convaincais-je avant le départ... Enfin j'espère, priais-je...
Betsy ne fait qu'1,20 m. de large, il a fallu se serrer ! En revanche sa tenue au vent est sans faille, donc pas de souci de ce côté-là.
Boustifaille :
Au niveau du poids, notre plus gros post était biensûr celui de la bouffe. Vous l'aurez remarqué en lisant notre saga : le Jouge junior est d'une gourmandise à faire pâlir Gargantua ! En plus des plats lyophilisés qui ont constitué l'essentiel de nos repas il a fallu prendre des fruits sec en quantités ( noisettes, cacahuètes et abricots secs dont le Jouge junior raffole ), du chocolat en poudre car le moufflet ne boit pas de café ( pour les pauses-boissons chaudes ), ainsi que des barres céréales énergétiques en sucres rapides et d'autres plus techniques, genre barres " pendant l'effort " et barres " après l'effort " chargées à 30 % de protéines. J'avais pris soin d'emporter des gâteaux dont le Jouge junior est friand, des trucs basiques style véritables petits beurre car ils contiennent 72 % de blé, ça nous a fait office de pain.
Nos provisions contenanient également 1 litre de lait en poudre car le chocolat chaud du fiston aurait été inbuvable s'il avait été préparé uniquement à l'eau. Et oui le Jouge junior est un monstre de gourmandise, on vous l'a dit et répété ! Notez-le !
Au total près de 9 kilos de bouffe pour les jours de famine où il est impossible de piller un village, et c'est sans compter les 6 tablettes de chocolat aux noisettes qui sont restées dans le frigo ( pour les réclamations, s'adresser au Jouge junior ).
N'est pas compris là-dedans le litre et demi d'eau qu'on se trimballait quotidiennement ( personnellement j'aurais préféré du vin rouge ).
On aurait pu partir avec moins mais je ne veut pas rogner sur la bouffe, pas envie de revenir en ayant perdu 5 kilos, ça m'excite moyen.
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Publié à 09:00, le 2/09/2010, Mots clefs : |
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Avis aux jeunes amateurs : le Jouge junior n'a que 10 ans ( 10 ans et demi me corrige-t-il ! ) et c'est finalement un peu jeune pour une telle rando. Le plus dur pour lui a été la traversée des rivières à l'eau glacée. Pour un adulte ça passe mais pour lui ce fut plus difficile car l'eau lui montait carrément en haut des cuisses.
Ensuite il faut prendre en compte la longueur des étapes : les deux premières sont vraiment longues ( 15 et 16 kilomètres ) surtout que le Jouge junior n'a suivi aucun entraînement spécifique avant le départ.
Le dernier truc succeptible de poser problème est le port du sac à dos. Le fiston portait environ 5,5 kilos, poids du sac compris. Il n'y a pas eu de problème à ce niveau là, il n'a jamais eu comme moi l'impression de porter trop lourd.
En résumé, faire le trek du Laugavegur avec son fiston de 10 ans, c'est faisable. Mais on doit reconnaître qu'on a eu du pot au niveau de la météo, il en aurait été autrement si les éléments s'étaient déchaînés comme ça m'était arrivé les années précédentes. Se retrouver pris dans une tempête de grêle avec un petiot aurait été sacrément engagé. Pareil : randonner toute une journée dans le brouillard au-dessus d'Alftavatn peut-être risqué si on ne connaît pas bien le coin, on risque de se perdre, et d'avoir à gérer le stress du gamin. C'est pour celà que je l'ai équipé au top : gants en gore tex, veste et surpantalon imper-respirants ( pas de K-way car ce n'est pas respirant et on se retrouve tout mouillé de sueur dessous ).
Le Jouge junior n'est pas dégoûté de l'Islande suite à ce trek, il veut même revenir mais quand il sera plus grand.
Avant 12 ou 13 ans c'est un peu hard quand même...
Voilà c'est c'est tout. Fin, rideau.
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Publié à 10:50, le 1/08/2010, Mots clefs : |
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